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Brexit: Bruxelles et Londres tentent encore de sortir leurs négociations commerciales de l'impasse

Le négociateur en chef européen Michel Barnier et son homologue britannique David Frost doivent s'entretenir lundi au sujet du "format" des pourparlers, selon la Commission européenne

Le négociateur en chef européen Michel Barnier et son homologue britannique David Frost doivent s'entretenir lundi au sujet du "format" des pourparlers, selon la Commission européenne - Tolga AKMEN © 2019 AFP

Le Royaume-Uni et l'Union européenne vont discuter lundi du "format" de leurs négociations sur leur relation commerciale post-Brexit, actuellement dans l'impasse avec le risque d'un "no deal" potentiellement dévastateur pour leurs économies.

Dimanche 18 octobre, le gouvernement britannique a dit toujours vouloir conclure un accord commercial post-Brexit avec l'Union européenne, tout en estimant que la balle était "dans le camp" des Européens. "J'espère toujours que nous aurons un accord", a déclaré le ministre d'Etat Michael Gove sur la chaîne Sky News.
"Je veux un accord, j'ai très envie d'y parvenir mais pour cela, il faut que les deux parties fassent des compromis. Ce n'est pas ce que l'UE fait en ce moment", a-t-il ajouté, estimant que les Européens ne semblaient pas "sérieux" dans leur volonté d'aboutir. Déjà poussives, les négociations commerciales se sont envenimées jeudi quand les 27 réunis en conseil ont exigé des concessions de Londres, tout en disant vouloir poursuivre les pourparlers pour arriver à un accord de libre-échange avant l'année prochaine, quand les règles européennes cesseront de s'appliquer.

Michel Barnier et David Frost discutent du format des pourparlers

Mais Londres a refusé net, conditionnant la poursuite des discussions à "un changement fondamental d'approche" de la part des Européens. Un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson avait souligné que pour les Britanniques, les négociations commerciales étaient "finies". Le négociateur en chef européen Michel Barnier et son homologue britannique David Frost doivent s'entretenir lundi au sujet du "format" des pourparlers, selon la Commission européenne.

"La balle est dans son camp", a insisté Michael Gove à propos du négociateur européen. Sur la BBC, il a répété que la porte des négociations restait "entrouverte" si l'UE modifiait effectivement "sa position".

Rencontre ce lundi à Londres avec la Commission européenne

David Frost rencontrera lui-même lundi à Londres le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, au sujet de la mise en oeuvre du traité de divorce ayant encadré la sortie du Royaume-Uni de l'UE le 31 janvier dernier. A défaut d'accord commercial permettant au Royaume-Uni de retrouver sa pleine souveraineté, a souligné M. Gove, son pays n'hésiterait pas à opter pour un "no deal" au 1er janvier, potentiellement dévastateur pour des économies déjà fragilisées par la pandémie, avec le rétablissement de quotas et droits de douanes entre les 27 et Londres.

Les discussions butent toujours sur trois sujets: l'accès pour les Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Exhorter les entreprises à accélérer leurs préparatif

Quelle que soit l'issue des négociations, accord ou "no deal", l'exécutif britannique va exhorter cette semaine les entreprises à accélérer leurs préparatifs pour faire face aux nouvelles règles douanières qui seront d'application dès janvier. Il prévoit de lancer dans les prochaines jours une campagne d'information sous le slogan "Le temps presse". Mardi, le Premier ministre Boris Johnson et Michael Gove s'entretiendront avec des représentants d'organisations professionnelles et d'entreprises. "A la fin de cette année, nous quitterons le cadre unique européen et l'union douanière, et cela signifie qu'il y aura à la fois de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour les entreprises", a déclaré M. Gove dans un communiqué. "Des changements interviendront dans tout juste 75 jours et le temps presse pour que les entreprises agissent".

F.B. avec AFP