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Bons d'achats, bouclier "anti-faillites"... Un plan à 50 milliards d'euros pour relancer l'économie

Pour  lutter contre les faillites d'entreprises en difficulté, la note propose la mise en place rapidement d'un "bouclier anti-faillites" évalué à 10 milliards

Pour lutter contre les faillites d'entreprises en difficulté, la note propose la mise en place rapidement d'un "bouclier anti-faillites" évalué à 10 milliards - Ludovic MARIN / POOL / AFP

Des économistes chargés de conseiller le Premier ministre ont dévoilé vendredi un plan de près de 50 milliards d'euros. Parmi les propositions figurent une prime à l'embauche, des bons d'achat pour les ménages modestes, la suppression d'un impôt de production et encore un "bouclier anti-faillites".

Des économistes chargés de conseiller le Premier ministre ont dévoilé vendredi un plan de près de 50 milliards d'euros pour relancer l'économie française face à la crise.

"Après avoir rassuré lors du confinement, la politique économique française doit maintenant aider entreprises et ménages à se projeter vers l'avenir", prévient ainsi cette note du Conseil d'analyse économique (CAE).

La note est co-signée par Philippe Martin, président délégué du CAE, Jean Pisani-Ferry, professeur à Sciences Po et proche d'Emmanuel Macron, et Xavier Ragot, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et membre du CAE.

Les auteurs plaident pour un cocktail de mesures en direction des ménages et des entreprises pour relancer la consommation, la production et l'investissement, dans le but "de retrouver à horizon un an le niveau d'activité de la fin 2019 et de résorber le déficit d'emploi d'ici la fin 2021", selon ses concepteurs.

Lutter contre les faillites d'entreprises

Au total, ce plan prévoit 24 milliards d'euros de dépenses sur dix-huit mois (hors aides européennes) "pour gérer l'urgence économique et sociale", auxquelles s'ajoutent 24 milliards de mesures visant la "réorientation de la croissance", vers la transition écologique, l'université, la formation et la recherche, ou encore la santé.

Une des urgences étant de lutter contre les faillites d'entreprises en difficulté, la note propose la mise en place rapidement d'un "bouclier anti-faillites" évalué à 10 milliards via par exemple un renflouement des fonds propres des entreprises en difficulté. Par ailleurs, les auteurs recommandent de supprimer la C3S, un impôt qui pèse sur les entreprises.

Un tutorat pour les jeunes

Pour éviter une flambée du chômage, en particulier des jeunes, les économistes recommandent le versement d'une prime à l'embauche ou au retour du chômage partiel de 200 euros par mois (300 euros pour les moins de 25 ans) pour les bas salaires et limitée sur une durée d'un an.

Toujours en direction des jeunes diplômés, dont plusieurs centaines de milliers vont arriver sur un marché du travail déprimé, la note imagine un dispositif de tutorat rémunéré au bénéfice des élèves ayant décroché pendant le confinement.

Les auteurs défendent aussi la mise en place de mesures de pouvoir d'achat, comme le doublement de l'allocation de rentrée scolaire et une nouvelle aide pour les étudiants et travailleurs précaires, ainsi qu'un "bon d'achat" pour les ménages modestes à dépenser dans des biens "verts" avant 2021.

C.C. avec AFP