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Blanc-pêche, rosé pamplemousse: les vins aromatisés seront désormais taxés

Le PLFSS prévoit de taxer les vins d'apéritifs

Le PLFSS prévoit de taxer les vins d'apéritifs - Elisa Paluan - Flickr

Jeudi matin, les députés ont adopté une nouvelle taxe sur les boissons à base de vin, de type blanc-pêche ou rosé-pamplemousse. Au grand dam des fabricants.

Pour les députés, c'est une avancée. Pour les fabricants, c'est la gueule de bois. Dans tous les cas de figure, l’Assemblée nationale a adopté hier un amendement permettant de taxer les "vinpops", les boissons aromatisées à base de vin. Le texte imposerait les vins de type blanc-pêche ou rosé-pamplemousse à hauteur de 3 euros par décilitres d’alcool pur. Un montant fixé à 11 euros par décilitre d’alcool pur pour les autres boissons.

"Cet amendement vise à faire évoluer la taxation des "prémix" à base de vin afin de permettre la taxation des prémix à base de vin, mais avec une taxation inférieure à celle des autres prémix" résument les signataires du texte.

Enjeux de santé publique

Les députés motivent cette décision par le fait que ces boissons sont "extrêmement sucrées et visent un public jeune." Cet argument est pourtant réfuté par les fabricants. "Les vins d’apéritif sont peu alcoolisés et peu consommés par les jeunes, cette taxe ne prend absolument pas en compte les données de consommation", regrettait Aymeric de Brauvillé, président de la Fédération française des vins d’apéritif (FFVA). La fédération s’appuie sur des chiffres de l’institut Nielsen, estimant que les vins d’apéritifs sont consommés à 80% par les plus de 35 ans. Le lobby des fabricants avance même habilement un possible "effet de report sur des produits plus alcoolisés" des consommateurs face à cette nouvelle taxe.

De leur côté, les députés signataires de l’amendement en minimisent les conséquences économiques. "Pour rappel, les prémix […] sont également très majoritairement composés de vins étrangers. Cette taxation ne toucherait donc que très marginalement les producteurs français." affirment-ils.

Antoine Laurent