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Bâtiment: Bruno Le Maire appelle à embaucher des jeunes plutôt que des travailleurs détachés

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire fait une déclaration à l'issue d'une réunion avec les syndicats d'Ascoval, en mai 2019 à Paris

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire fait une déclaration à l'issue d'une réunion avec les syndicats d'Ascoval, en mai 2019 à Paris - Martin BUREAU © 2019 AFP

Devant les patrons, le ministre de l'Economie a "supplié" les entreprises du bâtiment de choisir des travailleurs français.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a appelé jeudi les entreprises du bâtiment et de la construction à faire travailler le moins possible de travailleurs détachés dans les mois à venir et à privilégier l'embauche de jeunes.

"Nous allons vous soutenir massivement (...) mais je vous en supplie, limitez au strict minimum le recours aux travailleurs détachés. Faites travailler les ouvriers français, engagez des jeunes", a demandé Bruno Le Maire lors d'une table ronde à l'université d'été du Medef. "De cela, dépend le succès de la relance", a-t-il insisté.

Le plan de relance de 100 milliards d'euros que le gouvernement dévoilera en détail jeudi prochain prévoit "plusieurs milliards d'euros" de soutien à la rénovation énergétique des bâtiments privés et publics, a-t-il rappelé.

Le gouvernement espère que ces aides permettront d'engager des chantiers immédiatement, afin d'accélérer la reprise de l'activité.

"Un combat culture"

Le ministre a toutefois été interpellé par Cécile Mazaud, dirigeante du groupe familial Mazaud spécialisé dans la construction, sur les difficultés à faire venir des jeunes vers les métiers du bâtiment.

C'est "un combat culturel que nous devons mener", pour inciter les jeunes à aller vers ces métiers, a-t-il convenu.

Plus largement, il a indiqué que le plan de relance instaurerait un dispositif de "gestion prévisionnelle des effectifs au niveau national", et décliné "région par région", pour "adapter" les cursus de formation aux besoins des entreprises.

Le ministre a par ailleurs jugé que les délocalisations d'usines de ces dernières décennies avaient permis au Front national de s'installer dans les territoires.

"Quand une entreprise ferme, une permanence du Front national ouvre"

"Nous avons laissé partir des pans entier de notre industrie par manque de courage, par manque de lucidité, par manque d'investissement et de volonté", a-t-il regretté. Cela s'est fait au prix d'"une flambée du Front national (devenu le Rassemblement national) partout où les entreprises ont fermé". 

"Quand une entreprise ferme, une permanence du Front national ouvre. Voila la réalité et c'est bien ça que je combats", a affirmé le ministre.

Il a toutefois prévenu que les relocalisations qui pourront se faire en France dans les prochaines années porteraient sur "des marchés industriels à haute valeur ajoutée", par exemple les batteries électriques.

T.L avec AFP