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Baisse des salaires: Yves Veyrier (FO) redoute un chantage à l'emploi

"Les situations sont souvent des prétextes, des effets d'aubaine", estime secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier

"Les situations sont souvent des prétextes, des effets d'aubaine", estime secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier - AFP

Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a estimé lundi qu'"il y a tout lieu de craindre" des baisses des salaires, du nombre de jours de RTT mais aussi la suppression du 13e mois et des indemnités de transports avec la crise sanitaire, qui risque de servir de "prétexte" à des employeurs.

Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a estimé lundi qu'"il y a tout lieu de craindre" des baisses des salaires dans les entreprises avec la crise sanitaire, qui risque de servir de "prétexte" à des employeurs.

"Il y a tout lieu de craindre" des baisses des salaires ou du nombre de jours de RTT, la suppression du 13e mois ou des indemnités de transports, a déclaré Yves Veyrier sur RTL.

"Les situations sont souvent des prétextes, des effets d'aubaine. Donc celle que nous connaissons aujourd'hui, la crise sanitaire" du coronavirus, "avec ses conséquences économiques évidemment, risque de conduire beaucoup d'entreprises à utiliser cette situation pour faire valoir la nécessité de réduire encore le coût du travail", s'est-il inquiété.

"Évidemment, la situation à venir risque d'être compliquée" et "il y a des difficultés réelles, mais toutes les entreprises ont bénéficié massivement de l'indemnisation par l'État" du chômage partiel, a-t-il souligné.

"Chantage à l'emploi"

"Il y aura besoin d'aider dans tel ou tel secteur", mais "il faut absolument qu'on conditionne les aides publiques, qu'on les évalue, qu'on les contrôle et qu'on les soumette à sanction lorsque les conditions ne sont pas respectées", a-t-il insisté.

Yves Veyrier a déploré "des exemples passés, où on a contraint les salariés par le biais d'une forme de chantage à l'emploi à accepter des baisses de salaires, d'augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire, pour au final que des emplois soient malgré tout supprimés".

Et "au final", ces postes ont été supprimés "dans des conditions plus favorables pour l'entreprise" que pour les salariés "puisque, dans ces cas-là, les plans sociaux sont évalués sur les salaires qui ont été baissés depuis plusieurs mois ou plusieurs années", a-t-il regretté.

P.S. avec AFP