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Arrêts de travail lié au Covid: faut-il s'attendre à une explosion de l'absentéisme?

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé la semaine dernière la possibilité d'obtenir un arrêt maladie sur simple déclaration pour les personnes présentant des symptômes du Covid-19 ou étant cas contact. De quoi inquiéter le patronat qui craint des dérives.

Depuis le 10 janvier, il est désormais possible d'obtenir un arrêt de travail indemnisé sans passer par la case médecin. Pour éviter les transmissions et favoriser l'isolement, le gouvernement permet ainsi d'obtenir un "arrêt de travail immédiat et indemnisé sans jour de carence" en s'inscrivant directement sur le site de l'Assurance maladie ou en la contactant pas téléphone. Seules conditions : présenter des symptômes du Covid-19 ou être cas contact.

Une facilité qui inquiète les chefs d'entreprises. Vendredi, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a mis en garde contre "un absentéisme incontrôlé". Car ce dispositif peut évidemment entraîner des abus. A l'exception de ceux qui peuvent télétravailler, tous les salariés peuvent désormais obtenir un arrêt maladie en quelques clics, sans test préalable et sans passer par un médecin.

Garde-fous

D'autant que toutes ces démarches se font pratiquement sans aucun impact sur la rémunération du salarié. Ce dernier est indemnisé sans délai de carence, c'est-à-dire dès le premier jour et il touchera donc la quasi-totalité de sa rémunération.

Mais le gouvernement a quand même quelques mis des garde-fous pour éviter les dérives. Une fois la déclaration faite, le salarié a ensuite 48 heures pour faire un test et 4 jours maximum pour transmettre son résultat à l'Assurance maladie. S'il est négatif, il retourne au travail mais s'il est positif, l'arrêt de travail est prolongé et c'est l'Assurance maladie qui prend le relai pour assurer le suivi.

En attendant les résultats des tests

Il n'empêche, les chefs d'entreprises redoutent une explosion de l'absentéisme, soit à cause de personne qui vont s'arrêter (légitimement ou non) au premier rhume, soit de personnes qui vont directement dévoyer le dispositif et réclamer un arrêt même sans aucun symptôme.

Y aura-t-il des abus ? Il va falloir attendre quelques jours, voire quelques semaines pour voir si le nombre d'arrêts maladie explose et à quel point ils se traduisent ensuite par des tests positifs.

Caroline Morisseau avec Thomas Leroy