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Aides à l'apprentissage: des écoles soupçonnées d'abuser du dispositif pour remplir leurs caisses

Certains établissements abusent-ils du dispositif d'aide à l'apprentissage?

Certains établissements abusent-ils du dispositif d'aide à l'apprentissage? - Philippe Merle - AFP

Selon le Journal du Dimanche, une vingtaine d'écoles font actuellement l'objet de contrôles. Elles sont suspectées d'avoir signé des contrats avec des jeunes en apprentissage sans que ces derniers ne suivent réellement de cursus en alternance.

420.000 contrats signés fin 2020, soit 19% de plus qu'en 2019. A l'évidence, les aides du gouvernement pour favoriser l'apprentissage dans le cadre du plan France Relance portent leurs fruits. Depuis la rentrée dernière, les écoles du supérieur peuvent prétendre à une aide de 500 euros par mois pendant six mois pour chaque jeune accompagné dans un projet d'alternance. Soit 3000 euros par mois pour un semestre.

Objectif: encourager ces établissements à accueillir de nouveaux élèves sur une période suffisamment longue pour leur laisser le temps de trouver une entreprise. Seulement voilà, quelque 38.000 jeunes admis cette année dans ces écoles cherchent encore un employeur et la situation d'un tiers d’entre eux (11.400) commence à attiser la suspicion du ministère du Travail, rapporte le Journal du Dimanche.

Des contrôles dans une vingtaine d'écoles

Certains établissements auraient-ils profité du dispositif uniquement pour des raisons financières? C'est la question à laquelle la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle tente de répondre en réalisant actuellement des contrôles dans une vingtaine d'écoles.

Car il semblerait que ces dernières, peu intéressées jusqu’à présent par l'apprentissage, aient recruté des jeunes à tour de bras, sans pour autant que cela aboutisse à un véritable cursus en alternance. "Nous sommes en train d'étudier certains cas, car des formations supérieures se sont soudain prises d'amour pour l'apprentissage, y compris un certain nombre qui ont 100 % d'apprentis sans contrat, dans des écoles de commerce notamment", expliquait le mois dernier la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

"Dans les écoles de commerce, il n’y a pas de limite d’accueil. A la différence des Centres de formation d’apprentis (CFA), qui vont recruter en fonction des besoins du marché du travail", rappelle également Aurélien Cadiou, président de l'Association nationale des apprentis de France (Anaf), dans le JDD.

Vrai soutien?

Les établissements mis en cause intégreraient-ils des jeunes tout en sachant qu'il n'y a pas de débouchés? "Avant de caractériser la faute, nous devons vérifier si les conditions de formation et de recherche active sont remplies", précise le ministère du Travail. En clair, que l'école ciblée fournit au moins les efforts nécessaires pour accompagner et soutenir le jeune dans sa recherche d'un contrat avec un employeur.

Ce qui n'est visiblement pas toujours le cas. D'après l'Anaf, certains établissements finissent par intégrer des jeunes candidats à l'alternance sans entreprise dans un parcours d'études classique et lui demandent de payer des frais de scolarité. Des dérives que les services du ministère du Travail devront identifier pour appliquer ensuite d'éventuels sanctions.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco