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Agnès Pannier-Runacher: "J'ai négocié pour que trois des six vaccins soient fabriqués en France"

Agnès Pannier-Runacher, invitée de BFMTV le vendredi 27 novembre 2020

Agnès Pannier-Runacher, invitée de BFMTV le vendredi 27 novembre 2020 - BFMTV

La ministre déléguée auprès du ministre de l'Economie rappelle que la France aura droit à 15% des vaccins achetés en commun par l'Union Européenne et que la moitié des six vaccins déjà commandés soient fabriqués en France.

Merci l'Europe. C'est le message qu'a voulu faire passer ce vendredi Agnès Pannier-Runacher sur BFMTV. La ministre déléguée en charge de l'Industrie est revenue sur les négociations entre l'Union Européenne, la France et les sociétés en charge de développer les vaccins contre le Covid-19.

"Imaginez si la France avait négocié dans son coin, si l'Allemagne avait négocié dans son coin [...] la facilité pour les laboratoires pharmaceutiques de nous imposer leurs conditions, explique Agnès Pannier-Runacher. C'est parce que nous avons su être unis que nous protégeons aujourd'hui les Européens."

La ministre rappelle ainsi que grâce à cette force de négocation, elle a pu imposer que des vaccins développés par des laboratoires étrangers soient fabriqués en France.

"Trois des vaccins auront une fabrication en partie en France, assure la ministre. Sur les six contrats décidés, la moitié sont fabriqués en Eure-et-Loire, en Indre-et-Loire, dans la région de Lyon. Les autres sont fabriqués en Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Europe [...] et deux des trois vaccins qui sont fabriqués en France, c'est suite à un accord de la semaine dernière."

Une production française pour rassurer les Français sur la sureté de ces vaccins développés en accéléré par les grands laboratoires. La ministre assure par ailleurs que la France est le seul pays à disposer d'un comité scientifique de vaccin.

La France a droit à 15% des vaccins européens

Et pour la livraison, la France négocie aussi avec les laboratoires afin d'avoir le plus de points de livraisons possibles.

"Nous avons une discussion avec BioNTech-Pfizer qui a accepté de livrer dans 130 points de livraison en France qui sont en train d'être définis par le ministère de la Santé, précise Agnès Pannier-Runacher. Mais ce n'est pas parce que le vaccin est mis sur le marché que la semaine suivante, vous avez 100 millions de doses qui sont mises sur le marché, il faut le temps de produire ce vaccin, les livraisons vont se faire au fur et à mesure."

Et la ministre de rappeler que la France disposera de 15% des vaccins livrés à l'Union Européenne.

"Aujurd'hui c'est l'Union Européenne qui avance l'argent des vaccins, ensuite lorsque nous commandons, nous payons nos doses lorsqu'elles sont livrées, détaille la ministe. Quand 100 millions de vaccins sont livrés pour l'Europe, 15 millions de vaccins vont à la France automatiquement."

Lorsque l'agence européenne du médicament donnera l'autorisation de mise sur le marché, les premières doses devraient être livrées dans les jours qui suivent. La France espère pouvoir recevoir ses premières doses d'ici la fin-décembre ou début janvier.

Il s'agira dans un premier temps de petites quantités. Les livraisons massives ne devraient pas intervenir avant la fin du premier trimestre. Ainsi la ministre est revenu sur le développement du vaccin du français Sanofi qui n'a toujours pas dévoilé de résultats cliniques partiel à la différences de Pfizer, Moderna ou AstraZaneca. Mais Agnès Pannier-Runacher est confiante.

"Sanofi est le deuxième contrat que nous avons signé, nous l'attendons pour juin en masse avec de gros volumes", espère la ministre.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco