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À Perpignan, une entreprise déménage en douce pour fuir ses salariés "ingérables"

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- - Francesco Romeo / Pixabay

Le patron d'un sous-traitant d'Amazon a fermé son entreprise durant la nuit. Selon lui, il avait perdu "toute autorité" sur ses salariés. Mais ces derniers affirment qu'il s'agit d'une punition pour avoir fait grève.

Le vendredi 10 janvier au matin, les salariés de l’entreprise B2S ont trouvé porte close. Installée à Perpignan, B2S était spécialisée dans la distribution de colis pour le géant américain Amazon, raconte France Bleu ce vendredi. Les employés n'ont trouvé nulle trace de la trentaine de camions de livraison et l’accès au site de l’entreprise leur était interdit.

Une "punition" pour avoir fait grève, selon les salariés

Les salariés sont persuadés qu'il s’agit là d’une "punition" de la direction pour avoir fait grève la veille, protestant contre leurs conditions de travail "infernales". La CGT accuse l'entreprise d’avoir enfreint le code du travail en mettant fin à la période d’essai d’une vingtaine de salariés recrutés en CDI avant Noël. Laissant penser au syndicat qu’il s’agissait de "CDD déguisés".

Lors de la grève, le chef de l’entreprise aurait sommé ses salariés de reprendre le travail sans quoi, "ça ne valait plus la peine de revenir le lendemain". Le patron a finalement déménagé l’entreprise pendant la nuit. Sans prévenir ses salariés à l’exception d’un chef d’équipe à qui il aurait dit par SMS:

"Tu pourras aller pointer au chômage demain."

Le patron se justifie: "J'avais perdu toute autorité"

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des salariés avaient repéré le transfert des camions et tenté d’empêcher les chauffeurs de les emmener. Des véhicules ont été dégradés pendant la bagarre. Au cours de la matinée, un huissier de justice mandaté par les employés a constaté le déménagement de l’entreprise.

France Bleu a joint par téléphone le gérant de l’entreprise B2S qui a indiqué que le site ne rouvrirait pas, expliquant qu’il avait perdu "toute autorité sur les salariés". Selon lui, une "mafia s’est montée dans l’entreprise" et il aurait été "pris en otage". Le sort des salariés encore sous contrat n’a pas encore été décidé.

Pauline Dumonteil