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Comment Uber veut vous éviter d’être malade dans ses "robot-taxis"

L'un des Volvo XC90 utilisés par Uber comme voiture de transports autonome.

L'un des Volvo XC90 utilisés par Uber comme voiture de transports autonome. - Volvo

La société américaine compte bien être parmi les premières à mettre des flottes de "robot-taxis" dans la rue. Pour éviter le mal des transports aux passagers, en train de lire ou de regarder des films, la société californienne a déposé un brevet pour un siège innovant.

Une hausse vertigineuse de la cinétose, conséquence inattendue de la multiplication des "robot-taxis" d’ici une décennie? C’est ce que craint Uber, qui a déposé ce mois-ci un brevet pour un siège anti-mal des transports à destination de ses futures voitures autonomes, rapporte The Daily Telegraph.

Lire, envoyer des sms ou regarder des films

Uber anticipe en effet qu’avec la fin de l’obligation de conduire, les passagers des voitures 100% autonomes vont s’adonner à d’autres activités, qui pourraient les amener à se sentir mal, notamment si on imagine des sièges dos à route par exemple. Une étude menée par l’University of Michigan Transportation en 2015 rapportait ainsi que 60% des quelques 3000 personnes interrogées ont l’intention de dormir dans une voiture autonome et qu’un tiers envisageait de lire, envoyer des sms ou encore regarder films et séries. Or, ces trois activités sont les plus susceptibles de provoquer la cinétose (le nom scientifique du mal des transports). L’étude de l’université du Michigan estimait ainsi que 6 à 12% des répondants pourraient alors être touchés par ce mal-être qui peut conduire à des vomissements.

La cinétose vient d’un déséquilibre entre ce qu’analysent les yeux et le cerveau. Concentré sur un film, le cerveau n’enregistre pas que le corps bouge, alors que les yeux perçoivent, eux, des mouvements. De cette inadéquation résultent un sentiment de malaise, des nausées, voire des vomissements. Tout ce qu’Uber veut éviter dans ses robotaxis, pour le bien-être de ses clients, mais aussi pour des questions logistiques, car les véhicules devraient être immobilisés pour être remis au propre.

Des vibrations, des lumières pour accompagner les mouvements

Uber a donc déposé un brevet pour un siège anti-mal des transports. Il combinerait des vibrations, des jeux de lumière, associés à des flux d’air venus de l’air conditionné pour que le passager anticipe ainsi les mouvements de la voiture. Ainsi, peut-on lire dans le détail du brevet:

"Les sièges peuvent par exemple vibrer, ou vibrer en partie selon la manœuvre, à droite ou à gauche afin d’indiquer un virage, sur la partie supérieure pour marquer une accélération ou vers l’avant pour marquer le freinage".

Des sons particuliers pourraient aussi informer le passager de différents mouvements du véhicule. Uber teste déjà dans les rues de San Francisco (Californie), Pittsburgh (Pennsylvanie) et de Tempe (Arizona) des voitures autonomes, 200 SUV Volvo. Ils disposent d'une technologie de conduite sans chauffeur mise au point par Uber avec le constructeur suédois. Dès 2019, Uber compte déployer sa flotte de "robot-taxi".

Pauline Ducamp