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Accident mortel aux Etats-Unis: l’Autopilot de Tesla hors de cause

Une Tesla Model S dans une concession à New-York (Etats-Unis).

Une Tesla Model S dans une concession à New-York (Etats-Unis). - SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L’enquête ouverte après l’accident mortel d’un Américain, Joshua Brown, avec sa Tesla Model S, a été classée sans suite. Les autorités américaines n’ont pas détecté de dysfonctionnement du système de conduite semi-autonome.

L’Autopilot de Tesla mis hors de cause, c’est en résumé les conclusions de l’enquête de la National highway traffic safety administration (NHTSA) et du Département américain des Transports. Le gendarme de la sécurité routière américaine a rendu le 19 janvier les conclusions de son enquête sur l’accident mortel de Joshua Brown, survenu le 7 mai en Floride.

La Tesla Model S de ce fan de la marque circulait alors en mode semi-autonome, avec le logiciel AutoPilot enclenché. La berline était passée sous un camion qui tournait devant elle sans freiner ni tenter d’éviter l’accident, entraînant la mort du conducteur.

Des "facteurs humains"

"L'enquête n'a pas trouvé de défaut au logiciel. Il n'y a pas de preuve qu'il y a un défaut", a déclaré jeudi Bryan Thomas, porte-parole de la NHTSA lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes, selon l’AFP. "Les enquêteurs n'ont pas identifié de défaut ni sur la conception, ni dans la performance des systèmes de freinage d'urgence d'Autopilot, ni d'incidents au cours desquels ces systèmes n'ont pas fonctionné correctement".

L’enquête a donc été classée sans suite. Si l’Autopilot a été blanchi, les enquêteurs pointent "un nombre de facteurs humains" pour expliquer l’accident. "La reconstitution indique que le poids lourd aurait dû être vu par le conducteur de la Tesla au moins sept secondes avant le choc", soulignent les autorités américaines, selon l’AFP. Dans son rapport, la NHTSA évoque "une période de longue distraction (au moins sept secondes). […] Dans ce type d’événements, un conducteur attentif a une plus grande conscience de la situation, en particulier s’il s’agit d’un conducteur expérimenté, capable d’anticiper les actions des autres conducteurs. Tesla a changé sa stratégie de suivi du conducteur pour mettre en avant l’attention du conducteur à son environnement".

Suivant le raisonnement des enquêteurs, le conducteur aurait donc dû réagir et reprendre les commandes pour éviter l’accident. S’il est baptisé "Autopilot", le système de Tesla est en effet un système de conduite semi-autonome, ce que rappelle le constructeur californien depuis le début de l’enquête. Tesla a collaboré avec les enquêteurs en fournissant de nombreuses données internes au véhicule. Les modèles Tesla remontent en effet les données des capteurs à la marque. C’est ainsi que le constructeur a eu rapidement connaissance de l’accident et a pu aider les enquêteurs.

Une baisse de 40% des accidents

Ces conclusions de l’enquête de la NHTSA ont par ailleurs souligné des effets positifs de la conduite semi-autonome, alors que l’accident mortel de mai laissait planer des doutes sur les futures évolutions de l’Autopilot et sur les finances du groupe. La NHTSA aurait en effet pu demander un rappel de toutes les Tesla.

Or, dans son rapport, l’agence souligne que l’installation de l’autopilot dans les modèles Tesla faisait chuter de 40% le nombre d’accidents. Tesla déploie actuellement une nouvelle version de son système de conduite semi-autonome. Les Tesla disposeront désormais de caméras en plus grand nombre (huit contre une seule auparavant), de nouveaux radars et d’une nouvelle version du logiciel actuellement en cours de déploiement.

Pauline Ducamp