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Sans surprise, le plan de relance d'Alfa Romeo a été repoussé

Dure nouvelle pour Alfa Romeo qui voit son plan de relance repoussé d'encore deux années.

Dure nouvelle pour Alfa Romeo qui voit son plan de relance repoussé d'encore deux années. - Top Gear - BBC

L'investissement dans le plan de relance de la marque a été remis à plus tard. Paul Horell de TopGear.com s'est penché sur le cas d'Alfa Romeo.

On s’y attendait, Alfa Romeo a décidé de reporter l’investissement massif qui était prévu pour son ambitieux plan de relance. L’entreprise a déclaré qu’elle ne voyait pas de plan conséquent se profiler avant 2020. Pour rappel, Alfa Romeo avait promis une gamme de huit véhicules pour 2018. La nouvelle a été annoncée par Sergio Marchionne, le PDG de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) lors de la divulgation des résultats du groupe pour 2015. Globalement, les profits de FCA ont été satisfaisants. Les ventes en Amérique du Nord sont satisfaisantes, Jeep crève le plafond en quadruplant presque ses ventes par rapport à 2009. Le groupe a même enregistré des bénéfices en Europe, aidés par la Renegade et la 500X. Alors pourquoi donc reporter les investissements prévus dans Alfa? Deux raisons principales sont avancées. La croissance en Chine stagne, et les prévisions au Japon et en Australie sont décevantes. L’équipe dirigeante d’Alfa avait déjà dit par le passé que le continent asiatique était une grande opportunité de relancer la marque. Le groupe reconnait aussi que la baisse des coûts du carburant en Amérique du Nord allait doper les ventes de SUV, ce qui incite FCA à mettre le paquet sur Jeep.

Des aller-retour sur le sort d'Alfa

En d’autres termes, Marchionne a préféré privilégier les profits à court terme, que le long terme et un apport massif de capitaux vers Alfa qui aurait pu faire revenir la marque dans la cour des grands. Les Jeep et les Dodge garantissent à FCA des profits rapides, à eux donc l’argent, même si cela se fait au détriment d’Alfa Romeo. L’histoire se répète encore: en 2006, Marchionne déclarait déjà vouloir faire renaître Alfa et lui faire rapidement doubler son volume de ventes (aujourd’hui moitié moins important que ce qu’il était à l’époque). En 2009, il confiait au contraire qu’il n’y avait pas d’intérêt à investir dans la marque, les profits potentiels étant trop minces pendant une crise financière. Dans le même temps BMW, Mercedes et Audi ont pris des risques, misé gros et ont été magnifiquement récompensés. En 2010, Marchionne toujours, assurait que les ventes d’Alfa allaient quintupler, alors que Fiat venait de s’allier à Chrysler.

Les essais presse de la Giulia repoussés

Pour cela il s’appuierait sur la Giuletta, une version large de la Giulia et des plateformes Jeep de SUV. Puis, il a abandonné le projet. Nouvelle idée: utiliser des plateformes Chrysler pour la Giulia. Ce plan aussi a été laissé de côté. La faiblesse des marchés asiatiques et le succès de Jeep ne peuvent pas être tenus comme seuls responsables de ce retard. Il est évident que ces plans pour relancer Alfa étaient bien trop optimistes et emprunts de naïveté. La Giulia a été exposée dès l’été dernier, mais devra attendre un an de plus pour être vendue. Même les essais presse ont été repoussés de plusieurs mois. Pour être clair, les ingénieurs de chez Alfa ne sont pas encore prêts.

En 2014 l’objectif était le suivant: une Giulia et sa version break, une plus grosse berline, une remplaçante à la Giulietta et un coupé-cabriolet, le tout pour la mi-2018. Depuis, l’idée d’une Giulietta break a été écartée. Alfa Romeo se retrouve donc des perspectives d’investissement dans ses usines et dans le développement drastiquement réduites pour encore deux ans. Cela entraînant un décalage de deux années supplémentaires dans le lancement de nouveaux modèles, que nous ne verrons donc pas avant la mi-2020.

Top Gear a toujours beaucoup aimé Alfa Romeo. Mais cette dernière décennie n’a été qu’une série de fausses promesses et de déceptions. C’est la raison pour laquelle nous étions sceptiques dès 2014, lorsque le premier plan de relance avait été annoncé. Soyons justes, Marchionne a à son actif une série de victoires et d’objectifs atteints tout au long de sa carrière de dirigeant. Mais son revirement en faveur de Chrysler-Dodge-Jeep et Cie a été pour le moins spectaculaire. Le président de FCA a continué de soutenir Fiat, mais il a laissé Alfa Roméo dans son rétroviseur.

la rédaction avec TopGear.com