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Rouler l’été : au volant de l’Audi RS6, la familiale sportive par excellence

Audi a dévoilé l'an dernier la quatrième génération de RS6. La première était apparue en 2002, déjà équipée d'un V8.

Audi a dévoilé l'an dernier la quatrième génération de RS6. La première était apparue en 2002, déjà équipée d'un V8. - Pauline Ducamp

SERIE D’ETE 4/4 – Se faire plaisir au volant pendant l’été, c’est l’objectif de cette série d’essais automobiles, avec des modèles plaisir pour partir à deux, en famille, en thermique ou en électrique. Quatrième et dernier volet avec l’Audi RS6 Avant.

600 chevaux mais un grand coffre de 1680 litres avec les banquettes rabattues, un 0 à 100 en 3,6 secondes mais un système de désactivation de cylindres, l’Audi RS6 Avant pourrait être la voiture de toutes les contradictions. Elle est surtout celle de tous les extrêmes, extrêmes matérialisés par un petit bouton: le "drive select".

En mode "Efficient", le break désactive une partie des cylindres du V8, ce qui permet de gagner un peu sur la consommation du monstre (13,5 litres aux 100 km lors de notre essai pour 12,8 litres annoncés par Audi). Le moteur se fait alors plus discret que sur une petite essence, un effet renforcé par les vitres double vitrage. En mode "RS2" en revanche, le break dispose d’un mode "Launch Control" à faire pâlir certains modèles électriques et le V8 TFSI 4 litres hurle.

Deux personnalités dans une seule voiture, pour permettre un usage aussi bien au quotidien que sur circuit. Même si son look très agressif, notamment sur notre version d’essai avec ses jantes 22 pouces, laisse deviner le penchant naturel du monstre.

Cette quatrième génération de la RS6 Avant ne reprend que les portières avant, le hayon et le toit de la classique A6 Avant.
Cette quatrième génération de la RS6 Avant ne reprend que les portières avant, le hayon et le toit de la classique A6 Avant. © Pauline Ducamp

Le bon point: une voiture à (la double) personnalité

On ne va pas se mentir, l’idée de prendre le volant de la RS6 est aussi excitant qu’effrayant. Mise au point par Audi Sport, cette quatrième génération est d’une taille (4,98 mètres de long, plus de deux tonnes) comme d’une puissance (600 chevaux) peu adaptées à la capitale.

Quand les freins céramique RS (en option dans le pack Dynamique RS Plus avec une augmentation de la vitesse maximale à 305km/h, le tout pour 11.000 euros) restent sensibles le temps de chauffer, on se demande si tout ça n’était pas une mauvaise idée, notamment au moment de stationner dans un parking. Et pourtant non.

Grâce aux roues directionnelles à l’arrière, la RS6 Avant se montre maniable en toute circonstance, plutôt rassurante même. Le châssis Sport RS Plus avec Dynamic Ride Control (1500 euros en option) la rend très dur lorsque le break est en configuration plus sportive, mais se montre assez précis au quotidien. S’il ne fait aucun doute qu’elle est une machine de guerre sur circuit, cette RS6 se montre aussi prévenante au quotidien.

Entre la première et la dernière générations, la RS6 Avant a gagné 1,3 seconde sur le 0 à 100.
Entre la première et la dernière générations, la RS6 Avant a gagné 1,3 seconde sur le 0 à 100. © Pauline Ducamp

Sur route, en mode "Comfort" avec un trajet programmé sur le GPS, elle incite le conducteur à lever le pied pour limiter la consommation. Un système hybride 48V assiste le V8 mais, petit défaut, le start&stop se sent un peu trop. Rien qu’en mode Dynamic, sans même passer par les modes RS1 ou RS2, les accélérations vous collent au siège. Un petit tour sur circuit pour explorer toutes les possibilités du monstre ne serait pas de refus.

Le point noir: est-ce bien raisonnable?

C’est un peu là que le bât blesse: une supersportive déguisée en familiale, n’est-ce pas comme acheter un iPhone 11 quand un iPhone SE suffit? Surtout vu le prix une fois épluché le catalogue d’option d’Audi (voir ci-dessous "Mais à quel prix").

Notre version d'essai était équipée en option de freins céramiques.
Notre version d'essai était équipée en option de freins céramiques. © Pauline Ducamp

Si son look est ravageur avec 8 centimètres de plus en largeur que la version précédente et un centre de gravité plus bas, il ne passe pas inaperçu. A ce compte-là, mieux vaut peut-être se tourner alors vers une Audi A6 Avant classique. Mais à chaque fois que le moteur vrombit au démarrage, un grand sourire l’accompagne. De quoi oublier les bouchons sur la route des vacances.

Mais à quel prix ? Un break au prix (pas si) élevé

L’Audi RS6 Avant débute à 129.150 euros. Avec le jeu des options (comme 1700 euros pour les sorties d’échappement sport ou 1450 euros pour le Pack d’assistance en ville), notre version d’essai arrive à 156.950 euros. Prix auquel s’ajoutent 20.000 euros de malus et une carte grise qui atteint facilement selon les régions 1500 euros.

Le plus impressionnant reste le couple de 800 Nm pour des accélérations fulgurantes.
Le plus impressionnant reste le couple de 800 Nm pour des accélérations fulgurantes. © Pauline Ducamp

Ce prix est bien évidement inaccessible pour la plupart d’entre nous. Mais en prenant en compte le V8, les nombreux équipements avec notamment la planche de bord aux trois écrans avec les retours haptiques et bien entendu les performances dignes d’une hypercar, ce tarif ne paraît pas insensé.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto