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Cinq conseils pour se mettre au "vélotaf" pour la rentrée

De plus en plus d'urbains troquent leur voiture ou abandonnent les transports en commun pour se rendre au travail à vélo. Du choix du vélo à l'itinéraire, petit mode d'emploi pour se mettre au "vélotaf" en cette rentrée.

Et si vous profitiez de la rentrée pour vous mettre au "vélotaf"? Combinaison de "vélo" et "taf", ce terme est désormais utilisé par ceux qui ont choisi la bicyclette comme moyen de transport quotidien pour aller au travail. A l'heure où les villes développent de plus en plus les pistes cyclables, le vélo n'est plus seulement une activité de loisirs pratiquée le week-end.

Même si trois quart des trajets domicile-travail se font toujours seul en voiture, selon l’Ademe, le vélo progresse chaque année. D’après l’association Paris en Selle, les déplacements à vélo ont ainsi doublé en Ile-de-France entre 2001 et 2010 et ont même triplé à Paris.

Pour rester en forme, fuir les transports bondés ou par intérêt écologique, les motivations pour se mettre au vélotaf sont désormais multiples. Mais pour s’y mettre, quelques petits conseils peuvent être utiles. Jérôme Sorrel, auteur de Vélotaf, mode d’emploi du vélo au quotidien* (éditions Alternatives) nous donne quelques clés pour transformer l’essai avant d’enfourcher son vélo. Vélotafeur depuis plusieurs années en région parisienne, il a abandonné sa voiture pour le vélo, et parcouru jusqu'à 40 km par jour pour aller au boulot.

>Bien choisir son vélo: à sa taille et en bon état

Le vélo partagé peut être une première approche mais rapidement, le besoin d’avoir son propre vélo risque de faire sentir.

“La qualité des vélos est un peu inégale et entre les stations vides, les vélos abîmés et les problèmes techniques on peut se dégoûter assez facilement”, admet Jérôme Sorrel. 

Pour autant, le vieux vélo rouillé remisé à la cave ne sera peut-être pas l’engin idéal non plus. Prenez le temps de choisir votre bicyclette qui ne doit pas non plus être forcément le vélo dernier cri. “Déjà quand on monte sur un vélo bien réglé et à sa taille c’est tout à fait autre chose”, explique le vélotafeur. Ne négligez pas pour autant l’esthétique du vélo.

“Comme on aime avoir une belle voiture, on peut aimer avoir un beau vélo. Etre fier de son vélo, ça participe à l’envie de l’utiliser tous les jours”, souligne Jérôme Sorrel. 

En pleine progression ces dernières années, le vélo électrique peut aussi être une solution à condition d’avoir le budget. “C’est une option mais ce n’est pas indispensable. Si vous avez 30 km à faire ou des dossiers à transporter tous les jours, c’est sûr que ça va aider mais parfois c’est juste un luxe. Ça vaut le coup d’essayer un vélo bien réglé. On réapprend assez vite à gérer son effort”.

>Tester des itinéraires, ne pas hésiter à se perdre

Une fois le bon guidon en mains, encore faut-il trouver le bon chemin pour se rendre au travail. Emprunter l’itinéraire que vous prenez en voiture n’est pas forcément la meilleure idée et le trajet le plus court n’est pas toujours le plus agréable.

“J’ai dû mettre trois ou quatre mois à tester des itinéraires. A la fin j’en avais une dizaine. Il ne faut pas hésiter à se perdre pour trouver le bon trajet. Celui où on se sent à l’aise, où peut-être il y a un peu plus de kilomètres mais où les pistes cyclables sont plus nombreuses par exemple.”, explique Jérôme Sorrel. 

Des applications comme Geovélo peuvent aussi être utiles. Cette dernière propose trois choix d’itinéraires: un itinéraire recommandé, le plus rapide et le plus sécurisé qui empruntera un maximum de voies cyclables et d’axes protégés. 

>Un kit de base pour arriver à bon port 

Pour rouler en sécurité votre vélo doit être équipé au minimum de lampes avant et arrière. “Pourquoi pas allumer ses lampes même en plein jour. Tout ce qui augmente la visibilité est une bonne chose”, note Jérôme Sorrel. Il peut être aussi utile d’avoir en permanence un petit kit de survie: un démonte pneu, une chambre à air et une pompe.

“Réparer une crevaison ça prend cinq minutes et même si l’on ne sait pas comment faire il ne faut pas hésiter à héler un autre cycliste qui vous donnera un coup de main. C’est mieux que de devoir terminer son trajet à pied à traîner son vélo…”

>Rester zen sur la route

Dans la jungle urbaine, se mettre au vélo peut légitimement faire peur. Des pistes cyclables empruntées illégalement par des scooters, aux automobilistes impatients qui vous doublent sauvagement avant un feu rouge, il sera difficile d’échapper aux mauvais comportements et certains cyclistes en font les frais. “Oui la cohabitation peut être compliquée. C’est ce qui fait que beaucoup de gens aimeraient se mettre au vélo mais n’osent pas”, constate le vélotafeur. Malgré cela, mieux vaut garder son calme et continuer à respecter le code de la route de son côté.

“On a le droit d’être sur la route. Il ne faut pas hésiter à faire des signes aux automobilistes et anticiper. Je préfère retenir la voiture qui m’a laissé passer plutôt que celle qui m’a coupé la route. C’est l’expérience qui permet d’être de plus en plus à l’aise”

>S'habiller comme d'habitude 

Vous n'allez pas courir le Tour de France, pas besoin d'équipement particulier pour vélotafer: habillez-vous en fonction de votre destination finale et enfourchez votre vélo. 

“C’est faisable de pédaler en jupe ou en costume, il faut arrêter de se trouver des excuses. Au Danemark, ils font tous du vélo, on voit des gens en talons, en costume sur des vélos et ils n’en font pas tout un monde", insiste Jérôme Sorrel. 

Si vous craignez d'arriver couvert de sueur au boulot, le vélotafeur relativise: "le corps s'habitue. A l'époque où je faisais 40 km par jour les premiers mois étaient compliqués. Mais on n'aura pas plus chaud sur son vélo que dans les transports en commun."

Le seul véritable obstacle reste la pluie qui pourra nécessiter quelques équipements supplémentaires ou de reprendre temporairement les transports. 

*Vélotaf, mode d'emploi du vélo au quotidien, éditions Alternatives, de Jérôme Sorrel et Eve Coston.

Carole Blanchard