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Pour acheter une voiture à Singapour, il faut en mettre une à la casse

Une artère importante à Singapour

Une artère importante à Singapour - Wikimedia commons

A partir de ce 1er février, la ville-Etat de Singapour va mettre en place un quota strict du nombre de voitures immatriculées. Un contrôle total pensé pour limiter les embouteillages et la pollution, mais qui pénalisera les moins fortunés. En effet, le prix du certificat d'immatriculation pourra largement dépasser la valeur du véhicule désiré.

A Singapour, vous pouvez vous acheter une voiture à un distributeur automatique géant. Mais à partir de ce 1er février, avoir l'autorisation d'acheter une voiture pourrait devenir presque impossible à obtenir. 

Un numerus clausus automobile

La ville-Etat située en Asie du Sud-Est compte mettre en place un quota strict de véhicules autorisés à circuler. Une nouvelle étape dans le contrôle du nombre de nouvelles immatriculations, après une limitation de la hausse à 0,5%, puis 0,25% ces dernières années.

Comme l'avait annoncé le ministère des Transports de Singapour à la fin de l'année dernière, ce taux sera désormais à zéro pour au moins deux ans. Concrètement, il faudra donc obligatoirement mettre une voiture à la casse pour pouvoir en immatriculer une nouvelle. Le nombre d'immatriculations disponibles sera mis à jour chaque mois, en fonction donc du nombre de voitures retirées de la circulation, avec un prix fixé selon l'offre et la demande.

Des voitures déjà hors de prix 

Si acquérir une voiture risque donc de devenir très compliqué, se payer une voiture neuve à Singapour n'était déjà pas évident. Ainsi, l'équivalent de notre certificat d'immatriculation, qui est valable 10 ans sur ce petit territoire d'Asie du Sud-Est, valait en moyenne 30.000 euros avant l'adoption de cette mesure, indique un article du Guardian.

Le quotidien britannique donnait l'exemple d'une Toyota Corolla, dont la valeur atteignait 72.000 euros. Mais le prix de cette autorisation à rouler a déjà atteint des niveaux plus importants dans le passé: comme en 2013 où avec 60.000 euros, la Corolla passait à 100.000 euros, soit quatre fois plus cher que son tarif sur le marché américain.

Miser sur les transports en commun

En prenant cette mesure radicale, l'administration de Singapour cherche à limiter l'augmentation du trafic et donc de la pollution, et s'éviter ainsi un fléau qui touche de nombreuses grandes villes d'Asie. Fin 2016, on comptait environ 600.000 voitures à Singapour. Les routes occupent déjà 12% de ce petit pays, d'une superficie de seulement 750 km², rendant impossible tout agrandissement du réseau routier.

Si le métro de Singapour a plutôt bonne réputation, il a connu quelques dysfonctionnements ces derniers temps. Le ministère des Transports s'est donc engagé à investir massivement au cours des cinq prochaines années pour améliorer l'offre de transports en commun. 

Julien Bonnet