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Paris: un collectif part en guerre contre les incivilités des deux-roues

Un contrôle routier (photo d'illustration).

Un contrôle routier (photo d'illustration). - AFP

Un collectif baptisé "Ras le scoot" rassemblant des associations de cyclistes et de piétons vient de se former à Paris. Elle entend agir contre les nuisances causées par les deux-roues motorisés (motos et scooters) dans la capitale.

Pratique pour se faufiler dans les bouchons et pour se garer, les scooters et motos se sont multipliés ces dernières années à Paris. Selon le bilan des déplacements de l'Observatoire des déplacements à Paris, leur nombre a progressé de 5% entre 2015 et 2016. Chaque jour, un peu plus de 96.000 deux-roues motorisés circulent dans la capitale.

Une présence accrue à laquelle le collectif "Ras le scoot" dit "Stop". Ce collectif créé cette semaine rassemble neuf associations parmi lesquelles 60 millions de Piétons, l'Association des usagers des transports, Paris en Selle ou encore Respire. Toutes souhaitent s'associer pour lutter contre les nuisances des deux-roues motorisés.

"L'idée, c'est de montrer que nous sommes nombreux. Aujourd'hui, les seuls gens que l'on entend ce sont les motards sur ces thématiques routières. Cyclistes, piétons, nous avons des griefs communs et la situation à Paris est insupportable", explique Laurent Louf, membre du nouveau collectif. 

Le stationnement payant pour les deux-roues

Pour "Ras le scoot", les deux-roues motorisés prennent trop de place. Les membres de l'association souhaitent pouvoir "rééquilibrer l'espace public". Ils ont ainsi identifié cinq nuisances contre lesquelles ils veulent agir: la pollution, les nuisances sonores, les comportements dangereux, l'envahissement de l'espace public et l'impact sur le paysage urbain.

Parmi leurs revendications, ils réclament un renforcement des contrôles routiers notamment contre ceux qui empruntent les pistes cyclables ainsi que l'immobilisation des deux-roues qui ne respectent pas la réglementation des vignettes Crit'Air, obligatoires à Paris comme pour les voitures.

Leur autre chantier concerne la présence des scooters et motos sur les trottoirs. Sur ce plan, ils plaident en faveur du paiement du stationnement pour les deux-roues.

"On ne voit pas pourquoi les deux-roues motorisés devraient avoir un traitement de faveur compte tenu des nuisances quotidiennes", poursuit Laurent Louf.

Depuis le 1er avril, deux communes voisines de Paris, Vincennes et Charenton ont adopté ce stationnement payant. A Paris, cette mesure "n'est pas d'actualité", indiquait au début du mois la municipalité, qui assure toutefois renforcer les contrôles depuis le transfert des compétences en matière de verbalisation de la préfecture à la mairie. 

Le vélo plutôt que le scooter

Plus de contrôles, plus d'amendes... "Ras le scoot" justifie ces mesures compte tenu de la nature des déplacements dans Paris. D'après les chiffres de l'Observatoire des déplacements à Paris, les trajets tous modes de transports confondus intra-muros sont en moyenne d'1,5 km.

"Ce n'est pas infaisable en vélo ou en transports. Si on enlève ceux qui peuvent se déplacer autrement, ce sera bénéfique à ceux qui ont vraiment besoin d'un deux-roues, ceux qui viennent de loin", estime Laurent Louf qui entend avec son collectif peser sur la mairie de Paris.

Carole Blanchard