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Ces 7 constructeurs qui font rayonner la moto française

Il s'appellent Arinton, Midual, Brough Superior, Mash ou Peugeot Motocycles. Chacun a sa manière, ils redonnent un coup de fouet à la moto française

Il s'appellent Arinton, Midual, Brough Superior, Mash ou Peugeot Motocycles. Chacun a sa manière, ils redonnent un coup de fouet à la moto française - Arinton

Peugeot a fait son retour dans le monde de la moto sur le Paris Motor Show. L'occasion de faire le tour de quelques marques françaises dont la réputation dépasse nos frontières.

Qui sait que la France a été le berceau mondial de la moto ? Son inventeur est le français Louis-Guillaume Perreaux qui a déposé le premier brevet d'un vélocipède à grande vitesse en 1868, un an avait l’Américain Roper.

Au cours de la première moitié du XXème siècle, on comptait dans le pays une trentaine de constructeurs de réputation mondiale, principalement basés dans les environs de Lyon. "Tout s’est effondré dans les années 60 avec un croisement d’événements qui a été fatal à cette industrie", raconte Jack Monchanin qui est à la fois motard et collectionneur de motos d’exception. Les voitures sont devenues accessibles, les congés payés en famille se sont généralisés et les périodes de guerre ont donné d’autres priorités aux Français. En une décennie, la production française a totalement disparu.

Depuis quelques années, un nouveau vent souffle en France dans le monde de la moto. On compte de plus en plus de préparateurs, mais surtout, on retrouve des marques françaises qui tentent de redonner vie à cette aventure. Certaines, comme Voxan, n’ont pas vécu longtemps, mais d’autres reviennent. "Il y a quelques années, nous on ne comptait que trois marques que nous avions sélectionnées pour un comparatif: Voxan, Arinton et Midual", se rappelle Bader Benlekehal qui anime l'émission diffusée sur RMC Découverte.

Cette année, sur le mondial de la moto, on a vu le retour de Peugeot qui a dévoilé deux motos, la naissance de Motorhell, un constructeur français et Mash, une marque en pleine forme. Désormais, on compte au moins sept marques françaises de motos de toutes cylindrées, de tous styles et pour tous les budgets. Tour d’horizon de sept Français qui se battent pour affronter des géants américains, allemands, italiens ou japonais.

Peugeot, le retour aux sources d’un pionnier

Costantino Sanbuy (Peugeot Motocycle)
Costantino Sanbuy (Peugeot Motocycle) © Pascal Samam/BFMTV

Peugeot Scooter n'est plus, vive Peugeot Motocycles. Plus d'un demi siècle après avoir abandonné le marché de la moto, la marque au lion a décidé de revenir dans cette activité historique. En effet, peu de gens savent que Peugeot a créé un précurseur de la moto avec un premier modèle lancé dès 1898. "Nous somme légitimes pour revenir dans ce secteur de passionnés", a expliqué Costantino Sanbuy, PDG de Peugeot Motocycle.

Sur la Paris Motor Show, deux modèles (une routière et un sportive urbaine) ont été dévoilés (P2X 125 et P2X 300) qui seront chacun décliné en deux cylindrés (125 et 300 cm3). "Nous voulons attirer les détenteurs de permis B qui aiment le deux-roues, mais pas forcément les scooters", précise le dirigeant. Il faudra patienter jusqu'en 2020 pour passer commande.

Mash, le rebelle qui n’a peur de rien

Frédéric Fourgeaud (Sima)
Frédéric Fourgeaud (Sima) © Pascal Samama/BFMTV

Tout doucement, Mash s'est inscrit dans le paysage urbain avec ses petites motos au design néo-rétro. Et contrairement au nom anglo-saxon, au type de machines et à leurs tarifs très attractifs (moins de 2000 euros pour l'entrée de gamme), il s'agit bien d'une marque française. Bien sur cela nécessite une précision. "La marque est bien française, les motos sont conçues et designées en France, elles sont équipées d'un moteur japonais (Suzuki), mais elles sont construites en Chine, sinon nous ne pourrions les proposer à ces tarifs", explique Frédéric Fourgeaud, ancien pilote de course et président fondateur de Sima, qui produit la marque.

Et si l'entreprise a 35 ans, Mash a été créé en 2012. "Nous avons eu du flair car nous nous sommes tout de suite lancé dans le néo-rétro et de la chance parce qu'en France, cette mode marche bien. Aujourd'hui, nous sommes passés devant Honda en France dans les ventes de 125 cm3", se réjouit Frédéric Fourgeaud en ajoutant que son "insolence a payé". C'est d'ailleurs en hommage à son caractère bien trempé que le nom de la marque a été choisi. Mash, c'est ce film sur la guerre de Corée dans lequel les militaires sont anti-militaristes.

Désormais, Mash se lance dans les moyennes cylindrées (650 cm3) et dans des séries limitées qui s'arrachent. Après un modèle Von Dutch, elle vient de dévoiler un "scrambler" (un tout-terrain de ville) pour la marque de vêtements 8JS qui appartient à Alain Prost.

MotorHell, un cœur de rocker

Motorhell
Motorhell © Motorhell

Sur le Mondial de la Moto, Motorhell est certainement le constructeur le plus jeune. Cette marque a été créée début 2018 à la suite d'une rencontre entre Max Romelard, un designer fondateur de l'Atelier du Gentlemen, et Emmanuel Narrat, un passionné de motos qui n'hésite pas à mettre les moyens pour s'offrir des engins d'exception. L'histoire démarre à Grimaud (Alpes-Maritimes) lors du festival annuel d'Harley-Davidson. En quelques mois, Max Romelard a créé un monstre de 157 chevaux.

Le courant passe entre eux et voyant le résultat, ils décident de devenir constructeur avec un moto à 70% française. Seul le moteur n'est pas produit en France. "Nous nous situons dans le haut de gamme avec un modèle qui est à la moto ce que Lamborghini est à la voiture", explique le designer. Trois versions ont été mises au point avec un modèle de base à plus de 60.000 euros et un haut de gamme à près de 120.000 euros. Leur ambition est de produire une dizaine d'engins chaque année, livrables dans le monde entier.

Avinton, une américaine bien de chez nous

Avinton
Avinton © Avinton

Quand on la voit passer et qu'on l'entend, difficile de se dire qu'il s'agit d'une moto française. Et pourtant... L'usine d'Avinton est installée à Sommières, dans le Gard, mais ce n'est pas le seul argument de la marque créée par Cédric Klein en 2012 en s'inspirant du design et de la puissance de l'AC Cobra.

Ces engins d'exception sont faits main et sur-mesure par des artisans qui soignent les détails jusqu'au moindre boulon. Seul le moteur est américain, il s'agit d'un S&S bicylindre en V de 1650 cm3 au couple phénoménal. Seul le prix est raisonnable pour cette catégorie de moto: environ 34.000 euros.

Pour Bader Benlekehal, journaliste pour HighSide, Avinton est de l'ordre de l'exceptionnel. "Oui, le moteur est américain, mais c'est une moto comme les Français savent le faire: du haut de gamme surpuissant".

Midual, la tradition du luxe à la française

Midual
Midual © Midual

Les moto de Midual sont plus proches des avions de chasse que des motocyclettes en intégrant les code de la haute couture ou de l'horlogerie de luxe. Sur son site, la marque française donne le ton. Pour s'en offrir une, les clients doivent aimer le métal, le cuir et les cadrans à aiguilles d'antan. La marque ne date pas d'hier. L'histoire de Midual démarre en 1992 lorsque Olivier Midy veut construire sa propre moto. Un prototype est présenté en 1999 et la Type-1 devient réalité au début des années 2000. Ce sont des machines hors normes faites à la main à Angers depuis l'usinage des pièces ou la sellerie faisant de chaque moto un modèle unique. Pour s'en offrir une, il faut y mettre le prix : 140.000 euros. Trop cher? C'est le prix d'une belle Porsche 911 ou d'une Tesla Model S la plus puissante.

Brough Superior, une belle anglaise mais 100% made in France

Brough Superior
Brough Superior © Brough Superior

Pour George Brough, fondateur de la marque en 1919, "Brough Superior, la Rolls-Royce de la moto". Pour la petite histoire, Sir Thomas Edward Lawrence, Lawrence d'Arabie, ne chevauchait que des Brough et s'est même tué sur l'une d'elle. La marque s'est arrêtée en 1940 pour devenir une légende. Le nouveau propriétaire de la marque est britannique, mais ces machines sont bien françaises. Brough a été relancé il y a quelques années par Mark Upham qui a financé cette résurrection en demandant à Thierry Henriette de créer une machine moderne sans renier les origines. "Même si la marque appartient à un Anglais, se sont des motos 100% françaises!", précise sans se lasser Thierry Henriette.

Elles sont construites à la main à Toulouse, même le moteur. Chaque pièce est signée par l'ouvrier qui l'a usiné et monté. "C'est une oeuvre d'art", nous a confirmé Jack Monchanin, propriétaire d'une Brough SS100. Les clients du monde entier se bousculent pour s'offrir l'une des 300 qui sont produites chaque année. Une fois la commande passée, il faut patienter de longs mois et signer un chèque de 60.000 euros. Une bouchée de pain par rapport aux modèles d'époque. "Une Brough rouillée oubliée au fond d'une grange peut coûter deux à trois fois plus cher, sans compter la remise en état", signale Jack Monchanin.

Lazareth, l’innovation sans limite

Lazareth
Lazareth © Lazareth

Difficile de classer Lazareth. Ludovic Lazareth, dont l'usine est installée sur les rives du lac d'Annecy, est capable de tout. Faire une moto d'exception avec un modèle de série (BMW, Triumph, Harley-Davidson ou Yamaha), en inventer dans des design inédits en deux ou trois roues et même des autos. Mais ce qui est sûr, c'est que Lazareth est un constructeur français à part entière qui signe de son nom ses créations. Certaines sont devenues des stars de cinéma dans des films d'action ou de science-fiction. Au catalogue, la LM 847, une moto équipée d'un moteur V8 de Maserati qui, précisons le, est homologué Euro 4. Port du casque, gants et dorsale obligatoires.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco