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Non, la couleur d'une Ferrari n'est pas forcément le rouge

Une Ferrari bleue n'est pas une hérésie, tout dépend de l'époque.

Une Ferrari bleue n'est pas une hérésie, tout dépend de l'époque. - Ferrari

Au pays des voitures de collection, il n'est pas uniquement question d'argent, mais aussi de couleurs. Si une Ferrari rouge se vend plus rapidement, grâce aux néophytes, les vrais collectionneurs reviennent aux couleurs d'origine, loin des images d'Epinal.

Une Ferrari c'est rouge. Une Lamborghini c'est jaune. Et une Jaguar, c'est vert anglais. Au moins dans l'imaginaire collectif. Ce n'est en fait pas si simple. La voiture de collection est devenue un objet spéculatif, mais c'est aussi (et depuis toujours) une affaire de couleurs.

Au moment du premier achat

La teinte de carrosserie compte en effet dès le premier achat. Le novice cherche une Ferrari rouge. Un classique. Ou supposé tel. "Le prix de la voiture n'est pas forcément plus élevé pour une Ferrari rouge, par exemple, mais elle se vendra beaucoup plus vite, relate Pierre Novikoff, directeur adjoint d'Artcurial Motorcars. Quand les clients ne connaissent pas beaucoup les voitures, ils attachent une grande importance à la couleur. Puis, quand ils deviennent des connaisseurs, ils relativisent".

Le même phénomène touche d'autres objets du luxe, comme les sacs ou les montées: la recherche ultime du sac Chanel 2.55 noir accastillage argent ou de la Rolex argenté. Pierre Novikoff rappelle ainsi qu'Artcurial a récemment enregistré un record de vente sur une Rolex à fond marron, un modèle inédit.

Revenir aux origines de la voiture

La couleur prend alors une importance différente. "Aujourd'hui, les collectionneurs veulent revenir à la couleur d'origines de la voiture", poursuit le maire d'enchères. Depuis quelques années, avec le boom de la restauration qui accompagne celui des prix, les acheteurs et vendeurs repartent aux origines de la voiture, 'matching numbers, matching Colors'. Ils veulent le moteur comme en sortie d'usine, idem pour la couleur". La teinte de carrosserie enrichit alors l'imaginaire attachée à un modèle précis.

Les couleurs bleu pastel, gris souris, blanc des années 50/60 sont ainsi très à la mode sur les modèles de cette époque. "Le grand tournant c'est la fin des années 60, début des années 70, où apparaissent les couleurs plus flashy, comme le marron, l'orange, le vert", poursuit Pierre Novikoff. Chaque époque a donc ses couleurs, rien n'est intemporel.

Des Ferrari grises

C'est alors qu'on découvre que les Ferrari ont longtemps été jaunes ou qu'une Ferrari 365 GTB/Daytona des années 70 est par exemple beaucoup plus facile à vendre en gris, un "Grigio Auteuil". Beaucoup de Ferrari des années 80 étaient à l'origine marron et ont souvent été repeintes en... rouge!

Au Mans Classic, une Ferrari 360 cabriolet de Jean Todt, achetée quand il était patron de Ferrari, sera aux enchères. En passionné, il l'a voulu Bleu Lapis Lazuli. Ah les goûts et les couleurs! Reste une petite frange de collectionneurs qui a sa couleur fétiche, quelle que soit l'époque, quel que soit le modèle. "J'ai un acheteur dont toutes les voitures sont noires, intérieur rouge, car pour lui c'est la plus belle combinaison de couleur, détaille Pierre Novikoff.je lui ai récemment vendu une Abarth noir, intérieur vert d'origine".

P. Ducamp