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Essai - Jeep Compass, le SUV qui ne perd pas le nord

Avec le Compass, Jeep veut surfer la vague du SUV

Avec le Compass, Jeep veut surfer la vague du SUV - JB

Si la plupart des SUV actuellement sur le marché est avant-tout de faux 4X4, ce n'est pas le cas du dernier Jeep Compass. Proposé en transmission intégrale (mais aussi en traction pour ceux qui auraient moins besoin d'un vrai tout-terrain), il offre une réelle capacité de franchissement, en particulier dans la version "Trail Hawk" que nous avons pu tester.

Rester fidèle à son ADN tout en cédant aux sirènes du segment des SUV, c'est en résumé le compromis trouvé par Jeep pour le dernier-né de sa gamme: le Compass. Il faut dire que la marque américaine ne profite pas vraiment du boom des ventes des ces véhicules de plus en plus volumineux, sans être réellement de vrais baroudeurs.

S'ils en adoptent le look, les SUV sont en réalité de faux 4x4 (à quelques exceptions près). Jeep réagit donc en proposant un vrai aventurier mais avec un design et une philosophie plus proches de ce qui séduit actuellement une majorité d'acheteurs. 

Long de 4,4 mètres, le Compass se situe à mi-chemin entre le Renegade et le Cherokee
Long de 4,4 mètres, le Compass se situe à mi-chemin entre le Renegade et le Cherokee © JB

Mais pourquoi le Jeep Compass ?

La première génération du Compass est née sous l'ère Chrysler, avant le rachat par FCA. Pour cette deuxième génération, la marque américaine, sous pavillon italien, a choisi la même plate-forme que son grand-frère le Renegade (un châssis modifié à partir de celui de la belle Alfa Romeo Giulia). De quoi réduire les coûts de conception et de fabrication tout en profitant d'une base technique déjà éprouvée.

Jeep a ainsi tenu à proposer un compromis entre son image historique de fournisseur de véhicules tout-terrain et la grande mode des SUV. En termes de taille, avec 4,4 mètres de long, il se place ainsi entre le plus imposant Cherokee (4,6 mètres) et le plus compact Renegade (4,2 mètres) et vient directement concurrencer les Peugeot 3008 et Renault Kadjar

Notre version Trail Hawk en vert kaki se fond parfaitement dans la forêt
Notre version Trail Hawk en vert kaki se fond parfaitement dans la forêt © JB

Côté design, on retrouve sans surprise la calandre à sept fentes, patrimoine historique de la marque. Le Compass fait bonne impression avec son apparence robuste (pour le côté 4X4) mais laissant la place à certaines subtilités et des possibilités de personnalisation (pour le côté SUV).

Notre version d'essai dispose de la finition la plus "baroudeuse" baptisée Trailhawk. De quoi ajouter de la capacité de franchissement à un modèle qui présente déjà sur les autres finitions un potentiel "offroad" non-négligeable pour ceux qui voudraient sortir des sentiers battus. Le parcours du combattant (certes concocté par Jeep pour cet essai) comportait tout de même certains passages relativement corsés.

Une véritable capacité de franchissement pour notre Compass en version baroudeur
Une véritable capacité de franchissement pour notre Compass en version baroudeur © JB

Face à un passage difficile, il suffit de sélectionner le type de terrain rencontré (neige, sable, boue ou rochers), enclencher le verrouillage de la transmission intégrale "4WD Lock" et les rapports courts "4WD Low" pour emprunter sans danger les chemins les plus accidentés. De quoi se retrouver parfois dans des situations assez impressionnantes, avec une roue bien en l'air et l'avant qui semble condamner à frotter la terre. Pourtant les boucliers s'en sortent complètement indemnes.

Sur routes bien goudronnées, le comportement est certes un peu plus poussif que d'autres SUV, mais notre motorisation diesel 2.0 de 170 ch associé à la boîte automatique 9 vitesses fait tout de même évoluer avec aisance notre beau bébé, 1,7 tonne sur la balance, sur un parcours réalisé sur autoroute. 

A l'intérieur, la finition reste dans l'ensemble réussie. Point noir en revanche sur la partie basse de la console centrale, entre le levier de vitesse et l'écran, clairement mal assemblée et donc un peu trop de jeu entre les différents éléments. On espère que cela ne concernait que notre modèle d'essai...

Les designers en charge du projet ont des références un peu farfelues pour expliquer certains choix... mais pourquoi pas? Rapide florilège: les phares sont censés rappelés les yeux d'Iron Man, le dessin des sièges est inspiré des armures des combattants du futur et la protection en plastique entourant l'écran tactile central des casques de boxe. Bienvenue dans le monde des designers un peu perchés (mais qu'on adore).

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LE truc en plus : un système infotainment au top

Après de nombreuses tentatives au sein du groupe Fiat, voici une énième version du système infotainment maison Uconnect. Crainte dans l'assistance... et pourtant quelle bonne surprise! La définition de l'écran est très correcte et surtout il réagit parfaitement au toucher, permet de pincer l'écran pour zoomer, le tout dans une fluidité de rigueur pour un équipement embarqué. Si le chemin fut long, il faut reconnaître que les efforts ont payé avec de bonnes idées comme la personnalisation de la barre d'icônes en bas de l'écran avec l'ajout des fonctions désirés à l'endroit où on le souhaite.

Cela peut paraître anodin mais dans des environnements numériques des systèmes embarqués encore souvent très "figés", cela laisse de belles possibilités pour adapter son ordinateur sur roues selon ses envies, un peu comme nos ordinateurs personnels et nos ordinateurs de poche, aussi appelés smartphone. Au passage, le Compass coche aussi les cases de la compatibilité avec Carplay d'Apple et Android Auto pour accueillir comme il se doit votre doudou numérique. Et pour ne jamais perdre le nord, le SUV affiche en permanence le point cardinal vers lequel le véhicule est orienté.

L'écran tactile 7 pouces du Jeep Compass
L'écran tactile 7 pouces du Jeep Compass © JB

Le chiffre: 7

La date de commercialisation de ce Jeep Compass ne tient pas au hasard. Son lancement a en effet eu lieu le 7 juillet 2017 à 7h07 du soir. Un hommage au chiffre 7, comme les 7 fentes dans la calandre historique de Jeep.

En bonus un peu "geek", on trouve même dans ce Compass quelques "easter eggs", ces petites "blagues de développeurs" popularisés par Tesla dans l'industrie automobile. Des références subtiles ou des animations à débloquer dans les menus. Sans nous lancer dans une chasse aux œufs, nous avons juste remarqué que les véhicules autour prenaient la forme de l'ancienne et mythique Jeep Willys lors d'un essai du parking automatique du Compass. Ce dernier s'est d'ailleurs révélé efficace sur une configuration "en bataille", de quoi rendre fier son ancêtre habitué des terrains de guerre!

Sympas les Jeep Willys qui symbolisent les véhicules placés autour lors de l'activation du parking automatique.
Sympas les Jeep Willys qui symbolisent les véhicules placés autour lors de l'activation du parking automatique. © JB

Notre modèle d'essai - Jeep Compass Trailhawk avec le moteur diesel 2.0 de 170 ch, avec la boîte automatique 9 vitesses et le 4WD Low, couleur extérieur toit noir et vert olive métallisé - à partir de 42.000 euros.

Julien Bonnet