BFM Business

Essai - Fiat 500 Hybrid, un brin d'électricité pour échapper au malus

Fiat lance une version "Hybrid" de son best-seller, la 500. Une appellation un peu trompeuse car il s'agit en réalité d'une hybridation (très) légère qui ne réduit que faiblement la consommation. En revanche, elle permet à la citadine italienne d'échapper au malus pour ne pas alourdir un peu plus la facture à l'achat.

Quand la Fiat 500 amorce sa transition vers l'électrique, on s'attend forcément au coup de foudre. Avec la Panda, la citadine chic est en effet l'un des premiers modèles de la marque italienne à se convertir à ces nouvelles motorisations plus propres. Nous avons pu la tester pour nous faire une idée, dans l'environnement urbain de la ville de Bologne.

Mais pourquoi la Fiat 500 Hybrid?

Parce que Fiat, comme tous les constructeurs, s'expose à de lourdes amendes avec les exigences en termes d'émission de CO2 qui s'appliquent cette année en Europe. L'an dernier, le groupe italien avait été contraint de passer un accord avec Tesla, lui rachetant en quelques sortes ses droits à polluer pour s'éviter une lourde amende, estimée à 2 milliards d'euros.

Fiat 500 et Panda Hybrid
Fiat 500 et Panda Hybrid © JB

Mais dès cette année, Fiat doit amorcer une stratégie pour ne pas (trop) s'écarter de l'objectif pour ne pas avoir à toujours compter sur Tesla. Fiat amorce donc un virage qui démarre avec le duo Panda et 500. Ces deux modèles représentent près de 40% des ventes européennes de FCA l'an dernier, le groupe qui détient à la fois Fiat, Jeep, Alfa Romeo et Lancia (pour les principales marques présentes en Europe).

Au volant

On passera rapidement sur le look de cette 500 qui reste une réussite depuis sa renaissance de 2007. Son look néo-rétro fait quasiment l'unanimité et Fiat a su entretenir sa cote d'amour en multipliant les versions et séries spéciales. Cette 500 Hybrid poursuit d'une certaine manière cette tradition, surtout dans l'édition de lancement de notre essai. Au programme un vert "Rugiada" (rosée en italien) qui nous a semblé plus proche d'un bleu pâle, et des sigles "Hybrid" à l'arrière et sur les montants de portières.

Le logo "H" pour Hybrid
Le logo "H" pour Hybrid © JB

La principale nouveauté se situe donc sous le capot, avec un nouveau bloc 3 cylindres 1 litre essence qui profite d'une micro-hybridation. L'appellation "Hybrid" est donc à prendre avec des pincettes, on est ici plus proche d'une évolution du Start&Stop que d'une voiture hybride façon Toyota, qui mêlerait un moteur électrique relié directement aux roues. L'hybride léger apporte en effet uniquement un soutien électrique au moteur thermique dans certaines phases de conduite via un alterno-démarreur 12 volts, plus adapté au petit gabarit de la 500 que sur la plupart des hybrides légers qui utilisent une version 48 volts comme sur le dernier Ford Puma.

Autant le dire tout de suite, nous n'avons pas vraiment ressenti d'effets réellement liée à l'hybridation, avec même une consommation qui nous a semblé plutôt élevée: 8 litres aux 100. Un mauvais score pour une citadine, certes dans des conditions urbaines peu favorables et avec quelques arrêts et redémarrages mais toujours est-il que nous nous attendions à mieux sur ce point, surtout que Fiat annonce jusqu'à 30% d'économie de carburant. 

Le vrai gain financier lié à cette hybridation se fera plutôt à l'achat, permettant à cette 500 d'échapper au malus. Si on prend l'autre moteur non-hybride qui reste proposé sur la 500 (le 4 cylindres 1.2 de 69 chevaux), les 114 g/km en normes NEDC lui inflige un malus de 150 euros, ce qui n'est pas le cas pour la 500 "Hybrid" avec seulement 88 g/km. Au 1er mars, avec le passage à la norme WLTP (plus réaliste sur les émissions réelles du véhicule), la 500 Hybrid remontera entre 119 et 128 g/km (selon les versions), encore à l'abri du malus démarrant à 138 grammes. Certaines versions de la 500 classique seront elles au-dessus de ce seuil avec des émissions comprises entre 135 et 145 g/km.

"LE" truc en plus: la "Dolce Vita" en cabriolet

Si son look extérieur et son intérieur plutôt agréable lui permettent d'afficher des prix relativement élevés (voir "LE" chiffre), la 500 reste une citadine assez basique, avec un confort assez spartiate. Le moteur 3 cylindres se montre certes suffisamment dynamique mais un peu bruyant et, plus généralement, l'isolation sonore laisse à désirer. On a parfois l'impression d'avoir une vitre restée involontairement ouverte tant on peut entendre les passants discuter. Un problème qui peut certainement s'expliquer par le silence à l'arrêt grâce au start&stop et à un côté passoire acoustique plus prononcé sur notre version cabriolet. Le cabriolet, c'est aussi l'un des gros plus de cette 500C. Sa capote électrique peut descendre jusqu'au coffre arrière, réduit à un volume de 182 litres. Mais l'air libre derrière les appuie-têtes arrière joue à fond le côté "Dolce Vita".

"LE" chiffre: 20.870

C'est le montant en euros qu'il faut débourser pour notre version d'essai, dans la finition "Launch Edition" qui profite de nombreux équipements. Plutôt intéressant pour 1000 euros de plus que le deuxième meilleur niveau de finition mais il s'agit d'une édition limitée à 450 exemplaires pour la France.

Le tarif de la 500 reste relativement cher par rapport à la prestation proposée mais elle vient de boucler la meilleure année depuis sa renaissance donc Fiat ne va pas brader sa poule aux oeufs d'or. Sur cette version "Hybrid", les tarifs démarrent à 14.990 euros et à 17.790 euros en version cabriolet.

Seul regret au niveau de la configuration, il n'est pas possible de disposer de la boite automatique, qui reste pourtant proposée sur le moteur 4 cylindres classique. Dommage, on aurait bien fait de "l'hybride" (même anecdotique) en ville avec une transmission nous évitant de passer sans cesse les rapports même si la boite 6 vitesses reste agréable d'utilisation. 

Notre modèle d'essai – Fiat 500 Cabriolet Hybrid "Launch Edition", à partir de 20.870 euros
Julien Bonnet, avec Romane Guignard