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En supercar sur les Champs-Elysées: les petits arrangements des loueurs avec le code de la route

Au pied des Champs-Elysées, des loueurs de supercars proposent de traverser Paris à bord de Ferrari ou de Lamborghini. Certains ne cachent pas inciter leurs clients à appuyer sur l'accélérateur au milieu du trafic parisien, avec des voitures qui peuvent largement dépasser les limites de vitesse.

Garées au Trocadéro ou rue de Bassano à Paris, elles attirent l'œil des curieux. Au volant de ces Ferrari ou Lamborghini, des touristes qui s'offrent quelques minutes de conduite entre les Champs-Elysées et la Tour Eiffel.

Des entreprises proposent depuis plusieurs années ces locations de courte durée à partir de 90 euros pour une balade d'environ 20 minutes, selon le modèle de la voiture.

"Le copilote vous montre où accélérer quand il n'y a pas les flics"

Outre le fait de profiter d'un supercar en roulant sur les grandes avenues de la capitale, la vitesse est aussi recherchée par les clients, malgré les limitations de vitesse en plein Paris. A des endroits stratégiques comme sous le Pont de l'Alma, les conducteurs n'hésitent pas à s'offrir des accélérations hors des zones de radar et bien au-dessus des 50 km/h de vitesse autorisée. Des comportements à risque que certains loueurs ne cachent pas et qui sont même un argument de vente, comme l'a pu constater une équipe de BFM Paris, en se présentant comme des clients.

"Il y a des moments d'accélération quand même, c'est le kiffe. Le copilote qui va avec vous, il vous montre où accélérer quand il n'y a pas les flics", explique un loueur sans ambiguïté.

Quant aux conditions de location, si un permis de conduire est normalement exigé, certains s'affranchissent des vérifications nécessaires pour vendre quelques minutes d'adrénaline à des clients. "S'il a une pièce d'identité, c'est bon", poursuit ce même loueur. 

La question portée devant le Conseil de Paris

En novembre 2016, la question de ces locations à courte durée avait été portée devant le Conseil de Paris par le groupe des Radicaux de gauche, centre et indépendants qui s'inquiétaient de la sécurité du public.

"Nous n'avons aucune garantie que les conducteurs soient assez expérimentés pour conduire des véhicules qui nécessitent une certaine maîtrise" avait alors souligné Jean-Bernard Bros, le président du groupe, rappelant la présence de nombreux deux-roues et piétons dans cette zone touristique.

La municipalité avait alors décidé d'étudier la mise en place d'une action de prévention auprès des loueurs et des conducteurs et sollicité la préfecture pour un renfort des contrôles de vitesse dans les secteurs empruntés par ces voitures.

C. B avec Florian Chevallay, William Helle