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Des voitures en autopartage qui viennent vous chercher là où vous êtes

Une start-up estonienne va tester un concept de vraies voitures télécommandées. Objectif: mettre à disposition ses véhicules en autopartage là où se trouve le client.

Une voiture sans chauffeur mais pas autonome pour autant... c’est la technologie sur laquelle travaille Elmo. Cette start-up estonienne vient de dévoiler un prototype de voiture en autopartage qui peut se piloter à distance.

Connectée en 4G avec le poste de contrôle, un opérateur assis dans un fauteuil de gamer, les mains sur le volant et les pieds sur un pédalier, conduit à distance en visualisant la route et les éventuels obstacles depuis un écran d'une taille quasiment identique à celle d'un pare-brise.

C'est depuis ce poste de conduite, qui ressemble à une station de jeu video, que le pilote peut conduire à distance le véhicule.
C'est depuis ce poste de conduite, qui ressemble à une station de jeu video, que le pilote peut conduire à distance le véhicule. © Elmo

Des caméras, une connexion 4G, un volant de gaming

Une série de caméras est installée sur le véhicule pour filmer les alentours, les images sont retransmises sur l'écran du pilote que Elmo dénomme superviseur. Véhicule et poste de conduite à distance sont reliés en 4G. L'équipement de pilotage développé par Elmo reproduit à l'identique sur le volant du véhicule l'action du superviseur sur celui qu'il a entre ses mains, via des impulsions électriques. Idem pour le pédalier.

Elmo promet de ne pas installer trop de capteurs supplémentaires dans chaque véhicule, pour ne pas polluer le poste de conduite pour le client. La télécommande se déconnectera par ailleurs dès réception de la voiture par l’utilisateur. Et que se passe-t-il si la connexion est coupée? La start-up estonienne assure que le véhicule s’arrête au bout de cinq secondes.

"Pour optimiser le processus de livraison, nous avons développé une technologie qui s’appuie sur un véhicule télécommandé, vous commandez la voiture sur votre application et elle vient jusqu’à vous sans chauffeur physique dans la voiture, nous précise Kristiina Kalda, directrice France Elmo. Elle est conduite à distance par notre téléopérateur, qui est bien une personne physique".

La voiture n’est donc pas à proprement une voiture autonome, même si elle n’embarque pas de chauffeur.

Le volant qui permet à l'opérateur de conduire à distance la voiture d'Elmo.
Le volant qui permet à l'opérateur de conduire à distance la voiture d'Elmo. © Elmo

Lors des tout premiers tests qui doivent être lancés en juillet en Estonie, un superviseur sera présent dans l’habitacle des prototypes pour assurer la sécurité. Mais si les tests se passent bien, le déploiement de cette solution pourrait aller très vite.

"Nous avons fait beaucoup de tests depuis deux ans, mais nous allons lancer le service en Estonie réellement d’ici quelques semaines, au cours du mois de juin, l’idée n’est pas de développer une technologie pour une technologie mais de comprendre les besoins du client et d’y répondre", poursuit Kristiina Kalda.

Une réglementation en cours d'écriture

Et la réglementation actuelle ne semble pas être un obstacle. "La voiture n’est pas autonome. Pour les voitures autonomes, il y a un certain nombre de textes en cours d’élaboration. En Estonie nous travaillons main dans la main avec les autorités pour leur fournir toutes nos données pour que les autorités puissent inscrire cela dans la réglementation, explique Kristiina Kalda. Et nous pensons que ce sera le cas dans beaucoup de pays".

Elmo va lancer des tests pour piloter à distance ses voitures.
Elmo va lancer des tests pour piloter à distance ses voitures. © Elmo

Grâce à cette technologie, Elmo veut automatiser un mode de fonctionnement qu’il applique déjà en Estonie, dans son système d’autopartage de voitures électriques. Une fois réservée via l’application, le client retrouve le véhicule en bas de chez lui ou du lieu choisi, via un chauffeur qui lui dépose.

"Depuis un an, nous livrons les véhicules à nos clients car nous savons que l’un des freins à l’autopartage, c’est le fait que le client soit obligé d’aller chercher le véhicule, par exemple à un point de stationnement d’autopartage, nous explique Kristiina Kalda. Si le client le souhaite, nous livrons la voiture devant sa porte".

Elmo se montre très optimiste sur le développement commercial de sa technologie. "Si nous sommes bien sûrs de la sécurité, nous pourrons nous passer du conducteur par exemple un mois après le début des tests", nous précise Kristiina Kalda.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Rédactrice en chef adjointe web