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De plus en plus de conducteurs utilisent les avertisseurs de radars

Selon une étude, 88% des conducteurs interrogés utilisent un avertisseur de radar.

Selon une étude, 88% des conducteurs interrogés utilisent un avertisseur de radar. - Dominique Faguet - AFP

Selon une étude du comparateur d’assureurs en ligne minuteauto.com, 88% des conducteurs interrogés utilisent un avertisseur de radar. Ces automobilistes, qui ont tous moins de 45 ans, utilisent en majorité l’application Waze.

Jamais sans mon avertisseur de radar, voilà comment pourrait se résumer cette étude du comparateur d’assurance en ligne Minute Auto*. 88% des personnes interrogées confirment utiliser un avertisseur de radar, un usage à chaque trajet pour la moitié d’entre eux.

Un dispositif légal

Prudence toutefois, ce chiffre élevé souffre d’un biais statistique. L’étude n’a en effet été menée que sur des conducteurs âgés de 18 à 45 ans, sans prendre en compte les conducteurs plus seniors.

Une fois ce biais exprimé, reste une tendance de fond: les avertisseurs de radar font partie du quotidien des automobilistes. Il serait 20 millions (sur 39,25 millions titulaires du permis de conduire en France) à en utiliser, selon des chiffres publiés dans Le Parisien en octobre dernier. Et tous ces conducteurs agissent en parfaite légalité.

Le code de la route n’interdit absolument pas de signaler les radars. Comme nous le rappelions dans ce papier, l'article R413-15 du Code de la route n’interdit pas d’avertir ou d’informer sur le matériel ou les contrôles. C’est ce que propose un avertisseur, comme le boitier Coyote ou l’application Waze.

Signaler la présence de cabines de radar automatique ou les contrôles mobiles est donc légal, comme l’a rappelé la justice le 7 septembre, en relaxant les administrateurs d’un groupe Facebook anti-radars. En revanche, les détecteurs de radars sont eux strictement interdits. "Les automobilistes n’ont pas le droit d’utiliser ces détecteurs, car ils brouillent le faisceau du radar et l’empêchent de mesurer la vitesse, ou détectent la mesure en cours de la vitesse du véhicule", nous expliquait en septembre l'avocat Rémy Josseaume.

Signaler les radars sur appli ou sur les réseaux sociaux

Savoir où sont les radars, c’est ce qui intéresse 64% des utilisateurs d’avertisseurs, Waze et iCoyote en tête des dispositifs les plus usités. Selon France Bleu Saint Etienne Loire, Waze revendique 3 millions d'usagers. Gratuite comme Waze ou payant comme Coyote, chacun peut remercier sa communauté: un utilisateur sur deux signale la présence d’un radar aux autres conducteurs. Ils sont même 63% à en informer leurs "friends" et "followers" sur les réseaux sociaux.

"Il faut aussi assumer les conséquences que cela peut avoir, déplorait Jean-Michel Veyrat-Parisien, chef de l’escadron de sécurité routière dans la Loire sur France Bleu. Si on signale un contrôle, et que ce n’est pas un radar, un contrôle de vitesse, un conducteur pourra éviter un contrôle d’alcoolémie positif par exemple. Dix minutes après, ce conducteur renversera peut-être un de vos proches. Il faut en avoir conscience".

Les automobilistes sont en revanche peu nombreux à reconnaître contester une amende reçue à la suite d’un contrôle radar: ils ne sont que 8% à déclarer s’être déjà lancé dans le processus.

*Cette enquête a été réalisée par MinuteAuto en février 2017 en interrogeant un panel de 1221 français (655 hommes et 566 femmes) de 18 à 50 ans.

Pauline Ducamp