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Coronavirus: pendant le confinement, taxis et VTC sont "tous au ralenti"

Selon la centrale de réservations de taxis G7 à laquelle 9.000 chauffeurs de taxis parisiens indépendants sont affiliés, seul "un tiers de ces chauffeurs continue d'exercer son activité" pendant le confinement.

Selon la centrale de réservations de taxis G7 à laquelle 9.000 chauffeurs de taxis parisiens indépendants sont affiliés, seul "un tiers de ces chauffeurs continue d'exercer son activité" pendant le confinement. - Christophe Archambault - AFP

Un tiers seulement des 9.000 chauffeurs de taxis parisiens indépendants affiliés à la centrale de réservation continue à travailler. Au niveau national, la perte moyenne de chiffre d'affaires atteint 80%.

"On est tous au ralenti", explique Hakim, chauffeur pour la compagnie G7. Dans les rues parisiennes désertes, il fait partie des rares taxis qui continuent malgré l'épidémie qui, depuis le confinement, a amputé de 80% l'activité du secteur en France.

"C'est plus que calme, c'est même inquiétant. D'habitude, ça grouille de monde ici", se désole Mourad Sadmi, chauffeur de taxi affilié G7, s'arrêtant à la station face à l'Opéra Garnier, un quartier désespérément vide depuis les mesures de confinement de la population mises en place il y a deux semaines. 

"L'activité est pratiquement à zéro"

Pour certains taxis, "l'activité est pratiquement à zéro", confie à l'AFP Michel Gougeon, président de la Fédération nationale des artisans du taxis (Fnat). Concrètement, "les taxis ont perdu 80% de chiffre d'affaires, dans toute la France", déplore Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du taxi (FNDT) qui regroupe "plus de 1500 entreprises" du secteur.

Du côté des VTC, la plateforme Uber confirme que les mesures de confinement ont "clairement un impact sur l'activité partout dans le monde" mais "on ne sait pas vraiment la quantifier". 

"On attend une heure, deux heures pour avoir une course", raconte Hakim, pendant qu'il patiente devant une borne-taxi au cœur de la capitale.

"D'habitude, c'est toutes les 20 minutes", précise Mourad Sadmi, chauffeur dans la capitale depuis 2008. "Sur une journée de 10 heures, vous avez cinq courses, voilà. C'est-à-dire vous rentrez dans vos frais, vous n'avez pas gagné de sous, vous en avez voire même un peu perdu".

Les soignants "ont besoin de nous"

Dans ces conditions, beaucoup de chauffeurs ont choisi de suspendre leur activité. Selon la centrale de réservations de taxis G7 à laquelle 9.000 chauffeurs de taxis parisiens indépendants sont affiliés, seul "un tiers de ces chauffeurs continue d'exercer son activité" pendant le confinement. 

Même son de cloche à Bordeaux où la dizaine de chauffeurs de la centrale Taxi-Phone Bordeaux est "totalement à l'arrêt", comme l'explique à l'AFP Christophe Jourdan, son gérant. "L'aéroport est fermé, il n'y a personne à la gare quand l'activité est morte, ce n'est pas la peine de travailler", constate-t-il. 

Attendant aux côtés de Mourad à la station Opéra, Hakim, lunettes, cravate, chemise bleue et costume gris, a choisi de continuer son activité pour "aider aussi les médecins, les infirmiers qui ont besoin de nous".

Comme lui, les chauffeurs encore en activité sont amenés à prendre en charge du personnel soignant ou des personnes malades. Pourtant, selon Michel Gougeon, "il n'y a aucune décision concernant la protection des chauffeurs".

"On n'arrête pas de demander des protections, mais on nous fait comprendre qu'il n'y en a déjà pas assez pour le personnel médical", souligne Didier Hogrel.

"Les chauffeurs sur le terrain s'inquiètent, ils bricolent des séparations entre l'avant et l'arrière du véhicule et passent beaucoup de temps à désinfecter", ajoute-t-il. Le président de la Fnat appelle de son côté le gouvernement à mettre en place "des conditions, de règles de sécurité qui soient acceptables et correctes, de façon à ne pas mettre tout le monde en danger".

Pascal Samama avec AFP