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"The Beast", la limousine utilisée par Donald Trump en France

Au G20 la semaine dernière, comme cette fin de semaine en France, le président des Etats-Unis Donald Trump se déplace dans une limousine spécialement conçue pour sa protection, surnommée "Cadillac One", ou "The Beast".

"On peut dire que c’est une Cadillac, mais elle n’a en fait pas grand-chose d’une Cadillac". Cet agent des services de sécurité, cité par Automotive News en 2013, résumait alors parfaitement ce qu’est la limousine blindée du président des Etats-Unis. Surnommée "Cadillac One" (comme Air Force One), ou "The Beast" pour son côté massif, cette Cadillac Presidential State Car (de son nom officiel) est la voiture officielle du président, sur le sol américain ou lors de ses déplacements à l'étranger. 

Elle a ainsi été utilisée la semaine dernière par Donald Trump lors de sa visite en Allemagne, au G20 à Hambourg, puis en Pologne. C’est de nouveau à l’arrière de cette "Cadillac-titan" (comme la surnomme le quotidien allemand Frankfurter Allegemeine Zeitung) que le président américain doit se déplacer lors de sa visite de 2 jours en France, à l'occasion des cérémonies du 14 juillet. Dès sa descente de l'avion, Donald Trump s'est engouffré dans la Cadillac sur le tarmac de l'aéroport d’Orly, en banlieue parisienne.

8 tonnes, plus de 5 mètres

La Cadillac One est un modèle unique, long de 5,50 mètres, afin d’accueillir jusqu’à 7 personnes. A titre de comparaison, une limousine comme l’Audi A8 ne mesure que 5,17 mètres de long. Châssis et carrosserie sont constituées d’un mélange d’acier haute résistance, d’aluminium, de titanium et de céramique. Ce mélange doit lui permettre de résister aussi aux attaques chimiques et bactériologiques, ainsi qu’aux mines et tirs, grâce à un plancher renforcé.

Il doit aussi permettre de supporter le poids total du véhicule: 8 tonnes. Vitres et carrosseries sont en effet blindés, seule la vitre du chauffeur peut en outre être ouverte. Les pneus sont en kevlar, pour ne pas être touchés par les balles. Les enjoliveurs sont eux renforcés pour que la voiture puisse continuer à rouler même en cas de crevaison.

La largeur des vitres et de la carrosserie se veut donc hors normes, les portes larges de 22cm sont alors trop lourdes pour être ouvertes de l’intérieur. Les vide-poches recèlent en effet des équipements inédits: fusils à canon scié, des gaz lacrymogènes. Des caméras de vision de nuit autorisent une riposte en cas d’attaque, tandis que des poches de sang du président sont à bord. Le moteur pour déplacer ce véritable tank est un V8 6,6 litres de 445 chevaux, mais ne permet pas à la limousine de dépasser les 96km/h.

La prochaine version de la limousine devrait adopter une calandre plus moderne, aux lignes toute horizontales.
La prochaine version de la limousine devrait adopter une calandre plus moderne, aux lignes toute horizontales. © Patrick Stollarz - AFP

Un laboratoire de R&D dédié

Après de longues années en Lincoln, les présidents américains se déplacent donc depuis 2001 en Cadillac. Le propriétaire de la marque, General Motors, dispose selon les médias spécialisés américains d’un laboratoire de R&D dédié à la mise au point des limousines présidentielles. Barack Obama avait pris livraison de l’actuelle Cadillac en 2009, et le contrat de remplacement avait été signé en 2013 avec GM.

La prochaine génération de "Beast" est d’ailleurs toujours en cours de développement chez General Motors, selon les sites spécialisés MotorAuthority et AutoWeek. Attendue au départ pour l’investiture le 20 janvier, elle sera finalement livrée d’ici la fin de l’année. Si ce sera toujours une limousine, elle devrait emprunter la calandre du SUV Escalade, et voir ses systèmes de communication fortement mis à jour. 12 exemplaires de l’actuelle "Beast" sont actuellement en service. Chacune coûterait 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros), un tarif digne des supercars les plus exclusives.

Pauline Ducamp