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Comment supprimer un passage à niveau dangereux

Image d'illustration - Un passage à niveau dans le Pas-de-Calais.

Image d'illustration - Un passage à niveau dans le Pas-de-Calais. - Denis Charlet - AFP

En 1993, un accident impliquant un bus scolaire et un train régional à hauteur du passage à niveau de la Calade à Aix-en-Provence a fait 4 victimes. Remplacer cet ouvrage situé sur une route très fréquentée a pris 20 ans. Explications.

L’accident de bus scolaire de Millas, près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), qui a fait au moins 5 morts ce jeudi, pose une nouvelle fois la question de la dangerosité des passages à niveau. Ces carrefours où se croisent une voie ferrée et une voie routière, très souvent signalés par des feux ou des barrières.

Sécuriser les passages à niveau

"Une collision entre un train et une voiture est mortelle pour l’automobiliste une fois sur deux", indique le site de la SNCF. Alors que 16 millions de personnes franchissent, chaque jour, en France, un passage à niveau, la compagnie ferroviaire recensait l'année dernière 111 collisions sur des telles intersections. Selon l'entreprise, ces accidents ont coûté la vie à 31 personnes l'année dernière. Si dans 98% des cas, les collisions sont causées par les "comportements inadaptés des usagers", les pouvoirs publics élaborent depuis plusieurs années des plans pour sécuriser ces zones critiques.

Lancé en 2008, le plan Bussereau (du nom de l’ex-ministre des Transports, Dominique Bussereau) prévoyait notamment de dépenser en 10 ans 1,2 milliard d'euros pour sécuriser les 67 passages considérés comme les plus dangereux. Dans le détail, 46 devaient être mis en sécurité, et 21 purement supprimés. Mais dans les faits, ces opérations se révèlent longues et coûteuses. C'est par exemple le cas à la Calade, au nord d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Presque 25 ans pour supprimer un passage à niveau

En 1993, un accident entre un bus scolaire et un train fit 4 morts sur ce passage à niveau traversant la très fréquentée route nationale 7. Pendant presque 20 ans, l'association d'aide aux victimes de l’accident de la Calade (Aval), les riverains et les comités d'intérêt de quartier ont milité auprès des pouvoirs publics pour voir disparaître ce passage à niveau. Mi-2018, soit quinze ans après les faits, les travaux seront enfin achevés. Les véhicules ne franchiront plus directement la voie ferrée. Un contournement de 1 kilomètre et demi, ainsi qu’un pont enjambant les rails, ont été construits pour un coût total des travaux: 12,5 millions d'euros. Une facture répartie entre le département des Bouches-du-Rhône, la région Paca, l'État, la communauté d'agglomération d'Aix-en-Provence et la SNCF.

"Le projet de suppression du passage à niveau de la Calade avait été initié par l'État après l'accident (en 1993), puis repris par le Département à la suite du transfert de compétences de la gestion des routes nationales aux conseils généraux", expliquait en 2012 André Guinde, alors vice-président du Conseil général délégué aux transports et aux routes dans 20Minutes.

Si le scénario du contournement a été retenu en 2007, la déclaration d’utilité publique n’a été signée qu’en 2011, après une enquête publique menée en 2009. Un an plus tard, les premiers travaux ont débuté par la construction d’un giratoire permettant d’accéder à la déviation. En parallèle, l’édification des ouvrages d’art (soit le pont et une passerelle pour les piétons et cyclistes) a duré trois ans. Selon Gérard Feldzer, consultant transport de BFMTV, il faudrait au total 100 milliards d’euros pour remplacer les 15.500 passages à niveau de France.

Pauline Ducamp