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Blablacar suspend ses Blablabus jusqu'au printemps mais maintient le covoiturage

Blablacar a décidé de prolonger l'arrêt temporaire de son service d'autocars Blablabus, suspendu depuis le 1er novembre, jusqu'au printemps. Le covoiturage reste autorisé pendant le reconfinement et permet de répondre à la demande de transports de manière plus flexible.

"Nos autocars sont en pause mais le covoiturage prend le relais." C'est le message de service que Blablacar pourrait transmettre à ses usagers en cette période de reconfinement. Le leader du covoiturage s'est en effet diversifié l'an dernier en ajoutant des lignes d'autocars à son offre de mobilité longue-distance, via une prise de participation majoritaire dans Ouibus, renommée à cette occasion Blablabus.

Des lignes d'autocars reconfinées

Une mobilité longue-distance durement impactée depuis le 30 octobre et le début d'un nouveau confinement en France, ce qui limite bien sûr les déplacements. Suspendu depuis le 1er novembre, Blablabus restera donc en pause jusqu'au printemps 2021, vient d'annoncer Blablacar.

A noter que son principal concurrent, Flixbus, a lui aussi suspendu ses lignes françaises depuis le 2 novembre et "jusqu'à nouvel ordre". "Plusieurs lignes internationales restent ouvertes pour permettre à certains de regagner leur foyer en toute sécurité. Les arrêts intermédiaires en France ne seront toutefois pas desservis", précise l'entreprise dans un communiqué.

Le covoiturage reste possible

Malgré les déplacements limités au stict nécessaire, le covoiturage reste possible pendant cette période de reconfinement, avec bien sûr le respect du protocole sanitaire.

"Le groupe transporté est beaucoup moins important dans une voiture particulière que dans un car, ce qui rassure les passagers qui craignent d'être contaminés ou qui ne veulent pas contaminer d'autres personnes", résume Nicolas Brusson, cofondateur et directeur général de Blablacar.

L'idée est également de reposer sur la flexibilité apportée par le covoiturage. Lors du premier déconfinement, l'activité est repartie assez vite. Blablacar a ainsi pu constater cet été une hausse de la demande de trajets de 15% par rapport à l'été précédent. Le manque de conducteurs a toutefois entraîné un nombre de trajets effectivement réalisés à 80% du niveau de 2019, mais la performance reste appréciable dans le contexte actuel et en particulier dans un secteur des transports particulièrement touché par la crise.

"Dans un environnement particulièrement incertain, la préférence pour le covoiturage semble assez durable, ce qui a motivé notre décision de suspendre Blablabus jusqu'au printemps", explique Nicolas Brusson.

Ce qu'il présente comme "un casse-tête pour les opérateurs classiques", en particulier la SNCF et des prévisions de fréquentation encore limitée pour la fin d'année, l'est en effet beaucoup moins pour un service de covoiturage:

"On ne gère par le réseau comme pour une ligne d'autocar, on est simplement présent pour sécuriser les transactions et que conducteurs et passagers se rencontrent. Dans une période où l'offre de transports est limitée, le réseau de covoiturage s'adapte rapidement, les gens cherchent des alternatives et offre et demande s'équilibrent presque naturellement. Ce sont des changements assez profonds dans un monde des transports très déterministe, où les flux de voyageurs sont en général prévisibles: chaque année les gens vont au sport d'hiver. L'incertitude actuelle renforce ainsi l'intérêt pour le covoiturage."

Un bon exemple de complémentarité entre les deux services. Là où, en temps normal, Blablabus peut proposer de casser les prix sur un trajet longue distance très fréquenté, un Paris-Bruxelles par exemple, le covoiturage permet d'apporter une plus grande capillarité du service, en desservant des zones moins recherchées. En cette période de crise sanitaire, le covoiturage pourrait aussi guider les prochaines réouvertures de lignes de bus. Blablacar pourra en effet identifier les trajets les plus recherchés pour décider quelles liaisons rétablir en priorité du côté de Blablabus.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto