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Zuckerberg est un dictateur pour le fondateur de The Pirate Bay

Mark Zuckerberg au MWC de Barcelone le 21 février 2016.

Mark Zuckerberg au MWC de Barcelone le 21 février 2016. - Facebook

Peter Sunde s’en est pris au patron de Facebook, incapable selon lui de comprendre les différences culturelles dans le monde. Il a même appelé à censurer la plate-forme si elle continuait à enfreindre les lois des pays européens.

"Facebook est la plus grande nation au monde et nous avons un dictateur. Si vous considérez les choses d’un point de vue démocratique, Mark Zuckerberg est un dictateur. Je n’ai pas voté pour lui. Mais il définit les règles". La charge est impitoyable et elle est signée Peter Sunde, le cofondateur scandinave du célèbre site The Pirate Bay, qui a purgé une peine de prison pour viol de copyright.

Invité à la conférence The Next Web qui s’est tenue en fin de semaine dernière à Amsterdam, il a fustigé toutes les grandes plates-formes Web en général qui régissent la vie des gens sans jamais se poser la question de leurs responsabilités. 

Ne pas être sur Facebook, c'est se priver d'une partie de sa vie sociale

Prenant pour exemple son cas personnel, il a précisé à la chaîne CNBC avoir fait le choix de ne pas être sur Facebook. Ce qui aurait des conséquences sur sa vie sociale, y compris hors ligne. "Pas d’invitations à des soirées, pas de nouvelles de vos amis, des gens arrêtent de vous parler parce que vous n’êtes pas sur Facebook", a-t-il observé.

Plus grave, il a cité l’exemple d’Angela Merkel, obligée de porter jusque devant les Nations Unies le problème des messages anti-immigration tolérés trop facilement par Facebook. Selon lui, nos principaux leaders européens supplient désormais Zuckerberg de cesser d’interférer dans notre culture locale. "Si Facebook ne respecte pas nos règles dans nos pays, nous n’avons qu’à stopper Facebook. Nous censurons beaucoup de choses, alors pourquoi pas Facebook ?", a-t-il ajouté.

Peter Sunde a aussi critiqué la politique du vrai nom du réseau social qui pose problème dans les pays où les droits de l’homme sont bafoués et rend difficile l’organisation de mouvements politiques. Mark Zuckerberg, "riche blanc issu d’un milieu très favorisé", serait incapable de comprendre les diversités culturelles dans le monde. Mais il serait surtout animé par la volonté de faire plus d'argent avec une base d’abonnés mieux qualifiée.

Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux d'un autre activiste, Richard Stallman, qui indiquait, il y a quelques mois, que pour sauver nos Libertés et la démocratie, il faudrait éradiquer Facebook.

Facebook s'est abstenu d'émettre tout commentaire à cette attaque en règle.

Amélie Charnay