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Richard Stallman veut éradiquer Facebook pour sauver la démocratie

Le fondateur de la FSF à la biennale du design à Saint-Etienne en 2008.

Le fondateur de la FSF à la biennale du design à Saint-Etienne en 2008. - NicoBZH - Richard Stallman (by-sa)

Le père du logiciel libre le dit haut et fort le réseau social est une menace pour nos libertés et pour les fondements de la démocratie, car il entrave potentiellement les communications et soumet ses utilisateurs à une surveillance privée.

"Il faut éliminer Facebook pour protéger la vie privée", assène sans ambages Richard Stallman dans les colonnes du Devoir, quotidien montréalais.

Selon le père du Logiciel Libre, pour qui il est impossible de vivre et de développer des relations sociales dans un milieu contrôlé par des sociétés privées et des codes fermés, il est important que les gouvernements et les citoyens prennent conscience de ce que l’utilisation de Facebook implique de soumissions et d’aliénation.

Plus que nos vies privées, c’est la démocratie, ou en tout cas les idéaux de véritable partage et de connaissance qui sont menacés par Facebook, semble penser Richard Stallman.

"Sans cette vie privée, sans la possibilité de communiquer et d’échanger sans être surveillé, la démocratie ne peut plus perdurer", confie-t-il au quotidien. A partir du moment où les échanges sont surveillés, la possibilité de dénoncer des abus l’est aussi et le citoyen perd en quelque sorte le contrôle qu’il est en droit d’établir sur sa vie et sur l’Etat.

Surveillé et utilisé

D’autant que Facebook ne fait pas que surveiller, il utilise également l’utilisateur, dénonce Richard Stallman. Un écho à la célèbre formule : sur Internet, si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit. Le fondateur de la Free Software Foundation déclarait ainsi pour le bon mot que le réseau social "utilise bien plus ses usagers que ses usagers ne l’utilisent", car "c’est un service parfaitement calculé pour extraire et pour amasser beaucoup de données sur la vie des gens", commente-t-il.

Richard Stallman craint que l’utilisation et la dépendance créée chez les utilisateurs aient des conséquences sociales et politiques délétères à plus ou moins long terme. Et le combattant infatigable des Libertés de reprendre son discours, "le logiciel privateur surveille ses utilisateurs, décide de ce qu’il est possible de faire avec ou pas, contient des portes dérobées universelles […]. Lorsqu’on l’utilise, on se place forcément sous l’emprise de la compagnie qui le vend. […] On est donc forcément soumis et moins libre".

Dans ce combat pour la liberté du plus grand nombre, que Richard Stallman mène à travers le monde depuis des décennies maintenant, Facebook est la nouvelle incarnation des logiciels propriétaires qui entravent les utilisateurs. Comme Microsoft l’était dans les années 90/2000. Mais cette fois l’échelle paraît d’autant plus colossale que les adeptes du réseau social s’y immergent de leur plein gré…