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Traçage numérique du Covid-19: le chef de l'agence de cybersécurité évoque une "troisième voie"

Une application de traçage numérique est attendue, pour venir suivre la propagation du coronavirus.

Une application de traçage numérique est attendue, pour venir suivre la propagation du coronavirus. - AFP

Pour son application de traçage numérique, le gouvernement hésite encore entre deux approches: l'une, centralisée, l'autre décentralisée. Une alternative est néanmoins envisageable, selon le directeur général de l'Anssi.

Elle est attendue pour début juin mais n'est pas encore finalisée. L'application StopCovid, sur laquelle planche le gouvernement, est censée prévenir chacun de ses utilisateurs lors d'une potentielle contamination par le Covid-19. Alors même que deux protocoles étaient jusqu'à présent envisagés à l'échelle européenne pour les applications de traçage numérique, le directeur général de l'agence de sécurité informatique française (Anssi) a évoqué ce 12 mai la possibilité d'une "troisième voie".

"Ce sont encore des travaux théoriques, mais il y a une piste intéressante sur un protocole qui s'appelle Désiré", a estimé Guillaume Poupard, qui s'exprimait devant les parlementaires de l'Office d'évaluation des choix scientifiques et techniques. Cette avancée a été proposée par des chercheurs d'Inria, l'institut français de recherche en informatique, qui chapeaute projet français d'application de traçage des contacts StopCovid.

Apple et Google impliqués

Le protocole en question pourrait permettre de créer une nouvelle application qui remplacerait la première et offrirait "une sortie par le haut", a souligné Guillaume Poupard, alors que le projet actuel est très controversé. La France, soutenue par certains experts, a choisi pour sa propre application une architecture dite "centralisée", reposant sur le protocole dit "Robert".

D'autres pays, soutenus par d'autres experts, ainsi qu'Apple et Google ont choisi une autre approche dite "décentralisée" pour réaliser leur propre application. Apple refuse de laisser l'application française accéder à certaines fonctionnalités Bluetooth de ses smartphones, compromettant ainsi l'efficacité de celle-ci.

Le protocole Désiré permettrait "d'avoir plus de coopération de la part d'Apple et de Google, et de trouver une unité plus importante à l'échelle européenne", a estimé Guillaume Poupard. Mais il n'est pour l'instant qu'un concept théorique "séduisant", dont il reste à prouver désormais le caractère réellement "implémentable", a-t-il averti. Seul hic à ses yeux, et de taille: il sera impossible de développer ce nouveau protocole d'ici le 2 juin, date fixée par le gouvernement pour le lancement public de StopCovid.

E.T. avec AFP