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Quatre emojis conduisent une jeune Américaine devant la justice

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Les emojis faisant désormais partie du langage courant, ils sont utilisés comme éléments de preuve dans des affaires judiciaires. Sauf que leur interprétation prête souvent à confusion...

Les emojis sont devenus pour des millions de personnes un moyen de ponctuer leurs SMS et autres messages. Chaque jour, six milliards de ces petites images sont envoyées depuis un smartphone ou un ordinateur. Mais aux Etats-Unis, ils ont aussi amené la police à poursuivre une petite fille de 12 ans pour menace envers son école, rapporte le Washington Post.

En cause, un message qu’elle avait posté en décembre dernier sur Instagram en utilisant le compte d'une autre élève de l'établissement. Message que l’on pourrait traduire par "Meurtre. Rendez-vous à la bibliothèque mardi".

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Alerté, un responsable du collège Sidney Lanier de Fairfax en Virginie a enquêté pour trouver le responsable. Et même si la menace a été jugée "non crédible", selon un porte-parole des écoles du comté de Fairfax, l’élève a été accusée de menaces envers un établissement scolaire et cyberharcèlement.

D’après la mère de la jeune fille, ce message était en réalité une réponse à son propre harcèlement. L’audience devant la justice s’étant déroulé à huis clos, on ne sait pas si elle a écopé d’une quelconque sanction.

Des éléments de preuve ?

Cette histoire n’est hélas pas la première ! Les cas de menaces par emoji se multiplient, confirme Bradley S. Shear, avocat du Maryland spécialisé dans les questions liées à Internet. Ainsi l’an dernier, un adolescent a été poursuivi à New York pour avoir menacé la police dans un message posté sur Facebook. Celui-ci comportait la phrase "s'il s'approche, je vais l'exploser" accompagnée de trois emojis "pistolet" derrière celui d'un policier.

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Pour l'avocat du jeune homme, il s'agissait pour son client de montrer qu'il était "un dur" mais qu'il n'y avait pas derrière ce message de menace réelle et qu'il avait été mal interprêté. Un avis que le grand jury a suivi, puisqu'il a relaxé l'adolescent.

De son côté, un juge du Michigan a dû se prononcer sur la signification de l’image d'un visage tirant la langue ! Quant aux avocats, ils débattent encore pour savoir si les emojis peuvent être présentés comme une preuve devant un tribunal.

Les emojis sont devenus des éléments du langage courant, au point que c’est bien l’une de ces images qui a été désignée "mot de l’année" par les dictionnaires Oxford en 2015. Mais si les mots sont clairs, savoir si le visage faisant un clin d’œil est une manière de flirter ou une menace est moins évident : le choix d'un emoji dépend en effet d'un contexte et de la relation entre l’expéditeur et le destinataire.

"Plus les gens se servent de leurs smartphones et envoient des messages sur Internet, conclut B. Shear, plus les emojis vont affluer dans les éléments de preuve." C’est une problématique sur laquelle le système judiciaire va rapidement devoir se pencher.