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Quand Facebook surveillait les appels téléphoniques des utilisateurs à leur insu 

Les données liées aux appels et messages étaient utilisées pour améliorer l'outil de recommandation d'amis.

Les données liées aux appels et messages étaient utilisées pour améliorer l'outil de recommandation d'amis. - LLUIS GENE / AFP

Des centaines d'emails internes de Facebook ont été mis en ligne par le Parlement britannique ce 5 décembre. Les échanges en disent long sur la stratégie de l'entreprise en matière d'exploitation des données personnelles.

Chez Facebook, la loi de la croissance l'emporte bien souvent. Dans un bras de fer éthique entre deux équipes de l'entreprise, au sujet de la collecte des données liées aux appels et aux messages des utilisateurs de l'application Facebook sur Android, les réticences de plusieurs employés n'ont pas été entendues. C'est ce que révèlent des mails internes de Facebook dévoilés ce 5 décembre par le Parlement britannique. 

En tout, 250 pages d'emails ont été mises en ligne. Le Parlement britannique a obtenu l'ensemble de ces documents par le biais de Six4Three, un développeur d'applications actuellement engagé dans une bataille juridique contre Facebook. Parmi eux, des échanges de février 2015 évoquent la collecte de l'historique de SMS et des appels du téléphone de l'utilisateur. Autant d'informations utilisées pour améliorer l’outil de suggestions d’amis ou la pertinence des publications qui apparaissent dans le fil d’actualité.

Le contenu des appels et SMS épargné

"Je pense que cette nouveauté risque de nous attirer une mauvaise presse", s'inquiète un dirigeant du réseau social, dans l'un des mails publiés, en évoquant les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir sur l’image de l’entreprise. En cause, l'affichage d'un message demandant l'autorisation d'accéder aux données liées aux appels de l'utilisateur, perçu comme anxiogène par les équipes de Facebook.

Mais après quelques recherches, les équipes de la firme découvrent un moyen de contourner les dispositions d'Android pour parvenir à recueillir ces mêmes données... cette fois sans le consentement des utilisateurs. La discrétion était donc assurée, du moins en théorie.

En mars dernier, et après avoir téléchargé ses données, un membre de Facebook s'était aperçu de l'archivage de tous ses appels téléphoniques et SMS. Si leur contenu était épargné, il était possible de retrouver des informations sur l'heure des appels passés, les numéros contactés et le type d'appel (entrant, sortant ou manqué). 

Concernant les SMS, il était possible de connaître le numéro de l'interlocuteur, ainsi que les heures d'envoi et de réception. Dans un communiqué publié à l'époque, Facebook avait reconnu les faits, assurant que la faute incombait aux utilisateurs, qui avaient été prévenus de l'enregistrement de ces données. Ce 5 novembre, l'entreprise à de nouveau répondu aux accusations: elle précise que cette collecte était "optionnelle" et que les données récupérées n'étaient plus stockées au-delà d'un an.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech