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Nous sommes montés à bord du TGV du futur

Orange est le premier opérateur à couvrir une ligne de TGV en 4G et en continu.

Orange est le premier opérateur à couvrir une ligne de TGV en 4G et en continu. - BERTRAND GUAY / AFP

Des WC à la climatisation, la SNCF est en train de déployer des milliers de capteurs à bord des rames, sur les rails et dans l’environnement des trains. Le but ? Eviter les pannes, améliorer le confort des usagers et faire des économies.

Imaginez des trains toujours à l’heure, des WC jamais bouchés et des portes de TGV qui s'ouvrent sans accroc. Ce monde parfait va peut-être devenir une réalité. C’est en tous cas ce à quoi s’emploie la SNCF qui mise tout sur l'internet des objets pour prédire pannes et incidents.

Pour ce faire, elle a déjà installé 2000 capteurs sur 184 rames Francilien. Et elle s'apprête à les multiplier dans les gares, sur les voies ou à bord des rames. Son maître mot ? Faire de la "maintenance prédictive". "Cela consiste à réparer avant que ça casse", expliquait lors d'une conférence de presse Cyril Verdun, le responsable du pôle ingénierie Matériel à Saint-Pierre-des-Corps. Et il y a de quoi faire, avec les 30 000 km de réseau ferroviaire et les 51 217 km de voies ferrées principales. 

La SNCF peut prévoir quand une branche va tomber sur une voie

Les capteurs envoient des informations sur des serveurs, puis sont triés et analysés par des algorithmes afin de prévoir un risque de panne ou d'incident. Une fois un certain seuil atteint, une alarme se déclenche automatiquement, engageant ainsi l'intervention d'équipes sur le terrain prévenues sur leur tablette grâce à une interface centralisée.

La SNCF surveille même ses 95 000 hectares de végétation avec des drones et des satellites. "En mixant plusieurs sources d’informations, nous avons mis au point un système prédictif avec une cartographie des priorisations des interventions", explique Christophe Berthaud, chef de projet en Systèmes d’informations. Aujourd’hui, la SNCF est donc capable d’intervenir avant qu’un arbre ne tombe sur la voie ou qu'un train ne patine sur un tas de feuilles mortes.

Un système proche de la domotique

Lumière, climatisation, niveau d’huile, chauffage, l’internet des objets, rebaptisé "internet industriel" par la société de chemin de fer, offre aussi la possibilité de piloter à distance le matériel. Comme une maison avec un système domotique.

Et pour faire communiquer ses objets connectés, la SNCF multiplie les partenaires. Elle travaille actuellement avec Sigfox mais teste aussi le réseau LoRa et planche avec Ericsson sur une évolution des réseaux 2G et 4G.

"L’intérêt de l'internet industriel est triple. Pour nous, il s’agit de faire des économies en réduisant les interventions inutiles, pour les clients c’est davantage de confort, et pour les agents de la SNCF, c'est la perspective de se concentrer sur des tâches plus valorisantes et intéressantes", détaille Yves Tyrode, le directeur Digital et Communication de la SNCF.

Nous avons pu vérifier sur le terrain plusieurs cas d’usage sur une rame de TGV test au Technicentre de Landy à Saint-Denis. Voici notre reportage en images.