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Loi "anti-fake news": Google interdit les publicités liées aux européennes

Les 12 candidats du débat

Les 12 candidats du débat - Bertrand GUAY / AFP

Comme Twitter, l’entreprise fait évoluer ses conditions générales d’utilisation pour ne pas être concernée par la loi contre les fausses informations.

Après le bras de fer entre Twitter et le gouvernement pour sponsoriser des campagnes d’appel au vote, c’est au tour de Google de se prémunir contre la loi “relative à la manipulation de l’information”, également appelée “loi anti-fake news”.

Voté mais pas encore entré en application, le texte impose aux plateformes en ligne de faire la transparence sur ceux qui leur achètent de l’espace publicitaire à des fins politiques, durant les trois mois précédant une élection. Afin d’éviter de se plier à ces exigences en vue des élections européennes, Google décide de bannir ces contenus, comme l’ont remarqué nos confrères de Next INpact.

D’après la loi, les plateformes doivent fournir à l’utilisateur “une information loyale, claire et transparente” sur les personnes physiques ou morales qui diffusent des publicités "faisant la promotion de contenus d'information se rattachant à un débat d'intérêt général" Ce qui est déjà en partie appliqué par Google, qui affiche la provenance du financement des publicités électorales.

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Une exception pour l’appel au vote

Mais la loi impose également aux plateformes de rendre publiques les rémunérations perçues dans ce cadre, dès lorsqu’elles dépassent un montant spécifique - non déterminé pour le moment. Autant de contraintes qui avaient poussé Twitter à refuser, dans un premier temps, de diffuser de la publicité pour la campagne #OuiJeVote du gouvernement et qui semblent également décourager Google.

Comme Twitter, qui a finalement accepté de diffuser la campagne (considérée comme “neutre”), Google ne considère pas que les appels au vote du gouvernement entrent dans le champ de la loi. Ainsi, la plateforme accepte toujours de faire la promotion “d’annonces d'informations neutres sur les élections, diffusées par les organes officiels de communication du gouvernement (par exemple, les annonces de participation citoyenne du Service d'information du Gouvernement et de la Direction générale de la communication du Parlement européen)”. Les contenus relatifs aux enjeux des élections européennes sont en revanche bannis jusqu’au vote du 26 mai.

Mise à jour du 17/04/19 à 11h51: une première version de cet article mentionnait l'ensemble des publicités "politiques", qui étaient déjà interdites par la loi en période d'élections. D'après le texte, il s'agit plus précisément des contenus "faisant la promotion de contenus d'information se rattachant à un débat d'intérêt général". Des précisions ont été apportées en ce sens.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech