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Le top 5 des plus grosses bourdes tech de Trump

Donald Trump, le candidat républicain à la Maison Blanche

Donald Trump, le candidat républicain à la Maison Blanche - Bryan R. Smith – AFP

S’il focalise l’attention sur les réseaux sociaux, le futur président des Etats-Unis est loin de maîtriser les nouvelles technologies... et a multiplié tout au long de la campagne les avis à l’emporte-pièce sur le secteur.

George W. Bush a de la concurrence. L'ancien Président américain est resté dans l'Histoire pour avoir popularisé la désormais indispensable expression "Les Internets", prouvant par ces simples mots sa méconnaissance totale des nouvelles technologies. Mais le Président élu pourrait bien lui aussi réserver bien des surprises de ce point de vue. Tout au long de la campagne, Donald Trump a en effet multiplié gaffes, idées reçues et approximations sur la high-tech. Passage en revue de ses plus belles sorties.

1- Les hackers seraient des obèses vautrés dans leur lit

Interrogé sur le hack du Parti démocrate imputé à la Russie lors du premier débat télévisé l’opposant à Clinton, Donald Trump déclare alors :

"Ce pourrait tout aussi bien être l’œuvre d’un individu assis sur son lit et qui pèse 180 kg ."

Voilà donc l’image que le futur président des Etats-Unis se fait des bidouilleurs informatiques. La communauté des hackers a été tellement ulcérée par cette sortie qu’une récompense de 10 000 dollars a été promise par le magazine 2600 : The Hacker Quarterly au début du mois d’octobre à quiconque réussirait à récupérer la déclaration d’impôts du candidat. Comment se mettre à dos les geeks en une phrase ...

2- La cybersécurité, un job pour son fils de 10 ans

Toujours lors du premier débat, Trump s’était aussi risqué à une grande tirade sur la cyber sécurité qu’il appelle curieusement et de façon inappropriée "cyber". La façon dont il en parle est tellement vague qu’on se demande s’il sait ce que le mot signifie. Mais surtout, il semble considérer que son fils Barron, un prétendu geek de 10 ans, pourrait être une solution pour renforcer la cybersécurité :

"Nous devons rester solides dans le domaine du cyber (sic) et de la cyberguerre. Il s’agit d’un énorme problème. J’ai un fils. Il a dix ans. Il a des ordinateurs. Il s’en sert avec beaucoup de talent. C’est incroyable. La sécurité du cyber (sic) est primordiale et très complexe. Mais nous ne faisons pas ce qu’il faut"

3- Pour lutter contre Daesh, il faut fermer Internet

Le tribun a une solution toute simple pour endiguer la propagande de Daesh qui pullule sur le web : fermer Internet ou tout du moins une partie. Lors d'un débat télévisé le 15 décembre 2015, il affirme :

"Je serais pour fermer Internet là où nous sommes en guerre. Je ne veux pas laisser les gens qui veulent nous tuer utiliser notre Internet. "

Trump compte-il organiser un black-out dans tous les pays où les Etats-Unis sont en guerre ? D'autre part, sait-il qu'il est impossible de "fermer" Internet ?

4- La neutralité du Net va opprimer les conservateurs

Donald Trump est un adversaire acharné de la neutralité du Net défendue par Barack Obama. Mais son argumentation est pour le moins curieuse. Il pense que ce principe pourrait ruiner l’influence des médias conservateurs comme il le tweete en novembre 2014 :

"L'attaque d'Obama contre Internet est un autre abus de pouvoir. La neutralité du Net équivaut au principe d'impartialité. Cela ciblera les médias conservateurs." Trump assimile ici la neutralité du net au principe d'impartialité, une politique de la Commission fédérale américaine instaurée de 1949 à 1987 et qui exigeait que les radios et les télévisions présentent une pluralité d'opinions sur les questions d'intérêt général. L’histoire ne dit pas pourquoi les médias conservateurs seraient amoindris par un internet ouvert à tous, à moins qu’il n’ait le projet de le censurer ...

5- L’appel au Boycott d’Apple

Lors de l’affaire de l’iPhone de San Bernardino qu’Apple refusait de débloquer pour l’enquête, Trump déclare "Pour qui se prennent-ils ?". Il ne tarde pas ensuite à appeler au boycott de tous les produits Apple :

Sauf que Trump va continuer sans vergogne à utiliser son iPhone comme ne manquera pas de le pointer la presse américaine, qui remarque qu'il continue de tweeter depuis le smartphone d'Apple. Le boycott, c'est bon pour tout le monde ... sauf lui.

Un mois plus tôt, il avait déjà montré sa mauvaise humeur à l’égard de la firme américaine :

"Nous allons forcer Apple à commencer à fabriquer ses foutus ordinateurs et ses autres trucs dans notre pays, au lieu de le faire à l’étranger "

On a hâte de voir comment il va s’y prendre dans le cas où cet objectif ferait toujours partie de son programme.

Amélie Charnay