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L’OTAN organise une gigantesque simulation de cyberguerre

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Pendant plusieurs jours, les forces civiles et militaires des membres de l'Alliance atlantique se réunissent pour apprendre à lutter contre les cyberattaques.

Selon l’OTAN, c’est le plus grand exercice de cyberdéfense du monde. Du 18 au 22 avril, 26 des 28 pays de l’alliance militaire participent à Locked Shields 2016, une gigantesque simulation informatique et organisationnelle dont l’objectif est d’évaluer la capacité de réaction des forces cyber, fussent-elles civiles ou militaires. Le scénario est le suivant: les infrastructures informatiques d’un pays fictionnel ("Berylia") sont attaquées, une vingtaine d'équipes constituées par les différents pays participants doivent les défendre en temps réel.

Vous avez un petit air de déjà-vu? C'est normal, car cela ressemble fortement à ce qui s'est passé en 2007, quand des hackers présumés russes ont semé le chaos dans les réseaux informatiques de l'Estonie. Après cet évènement, l'OTAN a créé dans la capitale estonienne un centre d'excellence de cyberdéfense (CCD COE) dont l'une des missions est d'organiser ces simulations. Ce qu'elle fait depuis 2010.

Au fil du temps, ces simulations sont devenues de plus en plus complexes et réalistes. Cette année, l'OTAN a créé 1500 systèmes virtuels qui simulent les infrastructures à protéger: sites web marchand, réseaux bancaires, systèmes industriels, etc. Comme dans la vie réelle, ces réseaux intègrent des technologies variées, telles que Windows 8/10, Linux ou Apple iOS.

Au cours de cet exercice, les organisateurs vont jouer le rôle de l'attaquant ("Red Team") et lancer plus de 1700 attaques différentes sur ces infrastructures. Face à eux, côté défense, ils auront 550 experts en sécurité informatiques répartis en une vingtaine d'équipes ("Blue Team"). En cas d'incident, ils devront non seulement procéder à des analyses techniques et forensiques, mais aussi réagir sur le plan légal et médiatique. "L'impact de l'exercice, par conséquent, va beaucoup plus loin que les compétences techniques. A l'avenir, ces équipes d'intervention d'urgence - qu'elles soient civiles ou militaires - vont mieux savoir qui appeler à quel moment en cas de besoin", explique Sven Sakkov, directeur du CCD COE.

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