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L'armée américaine conseille à ses militaires d'éviter les tests ADN en kits

Le Pentagone rappelle que les tests ADN sont encore "peu régulés".

Le Pentagone rappelle que les tests ADN sont encore "peu régulés". - AFP

Une note co-signée par le plus haut responsable du renseignement du ministère de la Défense voit en les kits de tests ADN, commercialisés par 23andMe ou Ancestry, des risques pour la sécurité de son armée.

Ils promettent d'en savoir plus sur ses origines ou ses prédispositions génétiques. Les tests ADN en kits, popularisés par des entreprises telles que 23andMe ou Ancestry, requièrent bien souvent un simple échantillon de salive et une centaine de dollars pour décoder un génome. Très riches en informations personnelles, ils représenteraient des risques en matière de sécurité, a fait savoir une note du Pentagone, obtenue par Yahoo News

Dans ce mémo, co-signé par le sous-secrétaire au renseignement Joseph D. Kernan, le Département de la Défense va jusqu'à recommander à ses soldats de ne pas recourir à de tels tests. "Transmettre des données génétiques sensibles à des parties extérieures génère des risques, à la fois personnels et opérationnels", est-il ainsi précisé, en soulignant que les membres de l'armée américaine ont fait l'objet de publicités ciblées de la part d'entreprises amenées à collecter des données génétiques. Ces dernières prenaient parfois la forme de réductions, pour mieux inciter les militaires à franchir le pas. 

"Ces tests sont particulièrement peu régulés", relève également le texte, en indiquant qu'ils pourraient donc comporter des "conséquences involontaires pour les forces armées et leurs missions", notamment sur la carrière de leurs membres. Si le mémo ne détaille pas lesdits risques, ces derniers sont facilement imaginables. Qu'adviendrait-il d'un militaire dont on prévoit une prédisposition au cancer, alors même que tous les soldats sont tenus de signaler leurs problèmes médicaux? Et comment accorder une pleine confiance à des entreprises telles que 23andMe ou Ancestry dans le stockage et la protection de données aussi sensibles? 

Autre source d'inquiétude, cette fois-ci soulevée par Frederick Bieber, professeur à Harvard et ancien réserviste au laboratoire d'identification ADN de l'armée: des décisions sur le caractère "opérationnel" de soldats pourraient ainsi être prise à partir de cette base ADN, en particulier dans l'aviation, et donc peser sur leur carrière. Le tout alors même que ces tests comportent leur lot d'erreurs, rappelle le New York Times.

Le problème ne se pose pas en France, où les tests ADN sont soumis à une réglementation très stricte. Faire analyser ses empreintes génétiques ne peut se faire que dans le cadre d’une procédure judiciaire, à des fins médicales ou de recherche scientifique. Déroger à ce cadre, en souscrivant par exemple aux services de 23andMe, expose les contrevenants à 3.750 euros d'amende.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech