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Instagram, repaire d'un trafic d'esclaves au Koweït

Une enquête de la BBC révèle l'existence d'un marché aux esclaves sur l'un des plus larges réseaux sociaux au monde. Pour quelques milliers de dollars, des femmes peuvent y être vendues comme employées de maison.

Des centaines de photos de femmes classées par prix, pour des montants avoisinant deux à trois mille dollars. D'après une enquête de BBC News Arabis, Instagram a servi de repaire à des trafiquants d'esclaves pour mettre en vente des employées de maison au Koweït.

Instagram, détenu par Facebook, n'est pas le seul réseau à être incriminé. Les journalistes ont également trouvé la trace de telles annonces sur le Google Play Store et l'App Store d'Apple. Ainsi d'une populaire application, baptisée 4Sale, qui permettait de filtrer les travailleuses domestiques par prix et par couleur de peau.

Des centaines d'annonces

En tout, 57 "vendeurs" de travailleuses domestiques ont été contactés au cours de l'enquête. Tous, ou presque, ont préconisé de "confisquer les passeports des femmes, de les confiner à la maison, de leur refuser tout congé et de restreindre leur accès au téléphone", explique la BBC.

"Si Google, Apple, Facebook ou toute autre société hébergent des applications comme celles-ci, elles doivent être tenues pour responsables" a déclaré Urmila Bhoola, rapporteure spéciale de l'ONU sur les formes contemporaines d'esclavage.

À la suite de l'enquête, Instagram a annoncé l'interdiction des hashtags généralement liés au trafic d'esclaves. Google et Apple ont quant à eux contacté les développeurs d'applications mises en cause. L'application 4Sale a par ailleurs supprimé sa catégorie "employé de maison".

Elsa Trujillo avec Raphaël Grably