BFM Business

Facebook veut mieux détecter les vidéos "deepfake”, mais ne les supprimera pas

Les vidéos truquées représentent un véritable casse-tête pour les équipes du réseau social. Avec les dernières évolutions technologiques, les “deepfakes” peuvent induire en erreur de nombreux internautes.

A l’occasion d’une conférence tenue dans la ville américaine d’Aspen, le PDG de Facebook Mark Zuckerberg a estimé mercredi qu'il serait "sensé" que le réseau social se dote d'une politique spécifique en matière de vidéos "deepfake", aux trucages hyper-réalistes faisant dire à des personnalités des propos qu’elles n'ont jamais tenus.

“Comme d'autres contenus, les deepfakes sont un sujet pour lequel nous sommes en train de définir une politique”, a déclaré M. Zuckerberg, lui-même récemment victime d'une vidéo de ce type publiée sur sa filiale Instagram, qui ne l'avait pas supprimée.

"Il serait vraisemblablement sensé d'avoir une politique différente et de traiter cela différemment de la façon dont nous traitons la désinformation classique”, a-t-il dit, rappelant que Facebook ne souhaitait pas se faire l'arbitre de la vérité.

Des manipulations très efficaces

Les vidéos "deepfake" se multiplient, rendues de plus en plus réalistes grâce aux avancées et à la démocratisation des outils d'intelligence artificielle, ouvrant la porte à des actions de manipulation d'une redoutable efficacité.

Pour lutter contre les fausses informations, Facebook a mis en place des partenariats avec plusieurs médias “vérificateurs”, dont l'AFP, Le Monde ou Libération, pour étiqueter certains contenus comme "faux" ou trompeurs. Le réseau social modifie alors ses algorithmes pour limiter leur propagation, sans toutefois les supprimer.

C’est d’ailleurs en vertu de cette politique que Facebook a refusé de supprimer une vidéo manipulée de la présidente de la Chambre américaine des représentants Nancy Pelosi, au grand dam de cette dernière.

La vidéo, devenue rapidement virale, n'était pas une "deepfake" mais avait été fortement ralentie de façon à ce que l'élue semble s'exprimer difficilement, comme si elle était saoule. Mark Zuckerberg a toutefois reconnu une lenteur des systèmes de Facebook pour la signaler comme étant manipulée auprès des utilisateurs.

Raphael Grably avec AFP