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Facebook appelle les États à mieux réguler les géants du numérique

"Ce ne sont pas aux sociétés privées, qu'elles soient grandes ou petites, de proposer ces règles. Ce sont aux responsables politiques élus démocratiquement dans le monde démocratique de le faire", a déclaré Nick Clegg, responsable de la communication de Facebook.

"Ce ne sont pas aux sociétés privées, qu'elles soient grandes ou petites, de proposer ces règles. Ce sont aux responsables politiques élus démocratiquement dans le monde démocratique de le faire", a déclaré Nick Clegg, responsable de la communication de Facebook. - Yoan Valat-EPA Pool-AFP

La direction de Facebook a appelé ce lundi les gouvernements à faire davantage en matière de régulation des géants du numérique, dont les pratiques sont souvent mises en cause notamment sur la protection des données ou la diffusion de fausses informations.

Alors qu'il vient de mettre sur les rails son projet Libra de monnaie numérique virtuelle, Facebook appelle de ses voeux une régulation des géants de la tech par les gouvernements. "Ce ne sont pas aux sociétés privées, qu'elles soient grandes ou petites, de proposer ces règles. Ce sont aux responsables politiques élus démocratiquement dans le monde démocratique de le faire", a déclaré Nick Clegg, responsable de la communication de Facebook, interrogé par la BBC.

Début avril, le patron et fondateur de Facebook Mark Zuckerberg avait déjà appelé les pouvoirs publics dans le monde à jouer un "rôle plus actif" pour réguler internet, enjoignant notamment plus d'Etats à s'inspirer des règles européennes en matière de protection de la vie privée.

Le responsable britannique de la communication de Facebook, qui est aussi ancien vice-Premier ministre libéral-démocrate du Royaume-Uni, insiste sur le fait que les groupes comme Facebook doivent mettre en avant leur "expérience" en défendant les régulations plutôt qu'en s'y opposant. Selon lui, il y a un "besoin pressant" de nouvelles "règles de conduite" que ce soit sur la vie privée, les élections, la protection des données ou les discours de haine.

Pas de preuve d'interférence russe dans le référendum sur le Brexit

Interrogé sur le référendum de juin 2016 sur le Brexit, Nick Clegg affirme n'avoir "pas de preuve" d'une éventuelle interférence russe. "Même si je comprends pourquoi les gens veulent en quelque sorte réduire ce tremblement de terre dans la politique britannique à un complot ou une conspiration, ou à l'utilisation des réseaux sociaux, j'ai bien peur que les racines de l'euroscepticisme britannique soient bien plus profondes", a-t-il dit.

Facebook est régulièrement accusé de ne pas faire assez pour empêcher la diffusion de fausses informations notamment pendant les élections. Le réseau social est également sous le feu des critiques après plusieurs récents scandales sur les données privées et notamment une faille dans la sécurité de sa messagerie cryptée WhatsApp.

Les géants technologiques américains sont en outre dans le viseur des régulateurs qui les accusent de pratiques anticoncurrentielles, si bien que certains responsables politiques aux Etats-Unis plaident pour leur démantèlement. Début avril, le patron et fondateur de Facebook Mark Zuckerberg avait déjà appelé les pouvoirs publics dans le monde à jouer un "rôle plus actif" pour réguler internet, enjoignant notamment plus d'Etats à s'inspirer des règles européennes en matière de protection de la vie privée.

Frédéric Bergé avec AFP