BFM Business

Facebook supprime des filtres appelant à tuer une minorité religieuse persécutée

-

- - Sous licence Creative Commons CC0

Le filtre avait proliféré sur le réseau social après que le président américain Donald Trump a rencontré des membres de cette communauté à la Maison-Blanche.

Facebook a annoncé mercredi avoir supprimé des filtres appelant à tuer les Ahmadis, une minorité religieuse persécutée au Pakistan, alors que les discours de haine prolifèrent sur les réseaux sociaux.

"Nous avons supprimé les filtres en question pour violation de nos règles, et nous nous sommes assurés qu'ils ne sont plus disponibles pour une utilisation future, a déclaré un porte-parole de Facebook. Nous ne tolérons aucun contenu - y compris tout contenu partagé dans les cadres de profil - qui incite à la violence, et nous supprimons ce type de contenu dès que nous en prenons connaissance".

Les filtres permettent d'ajouter un message ou une image sur les photos de profil des internautes, souvent pour promouvoir une cause ou commémorer un événement. Celui-ci, largement utilisé au Pakistan, appelait à la "mort" des Ahmadis en ourdou, la langue nationale. Les Ahmadis sont une branche de l'islam considérée comme hérétique et persécutée de longue date au Pakistan car ses membres croient en un prophète postérieur à Mahomet. Ils y ont été déclarés non-musulmans il y a des décennies et sont devenus la cible de violences et de discriminations.

Le filtre a proliféré sur Facebook après que le président américain Donald Trump a rencontré des membres de cette communauté, dont un représentant pakistanais, à la Maison-Blanche. 

Facebook est régulièrement accusé de ne pas protéger suffisamment ses utilisateurs. Au premier trimestre de l'année, la société a désactivé 2,19 milliards de faux comptes, soit près du double des trois mois précédents. Sur cette même période, le réseau social a supprimé quatre millions de messages considérés comme haineux et dit continuer d'investir pour mieux détecter ce type de contenu dans diverses langues et régions.

Pauline Dumonteil avec AFP