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Avec un chariot de 99 smartphones, il crée de faux embouteillages sur Google Maps

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Un artiste est parvenu à induire en erreur le célèbre service de cartographie en ligne et à faire dévier des automobilistes de leur trajectoire, par une très simple manipulation.

Un petit chariot rouge et une centaine de smartphones d'occasion, en navigation automatique sur Google Maps, et le plus célèbre des services de cartographie en ligne est berné. L'artiste berlinois Simon Weckert s'est prêté à un jeu assez simple: déambuler dans les rues de sa ville avec cet équipement, pour faire croire à un trafic très dense et à un nombre d'automobilistes supérieur à la normale. 

"99 smartphones ont été transportés dans un chariot pour créer des embouteillages virtuels sur Google Maps", résume simplement Simon Weckert sur Twitter. "Par ce biais, il est possible de rendre rouge une rue normalement verte, ce qui a un impact dans le monde physique, étant donné que cela incite les véhicules à emprunter une autre route !".

Auprès de BFM Tech, Google rappelle qu'il s'agit en l'occurrence d'un cas rare et spécifique, et qu'un nombre élevé d'appareils en mode navigation sur Google Maps constitue dans la grande majorité des cas un signe fiable d'embouteillages. Les informations de trafic affichées à l'écran recoupent par ailleurs aussi bien des données agrégées et anonymisées de personnes consultant le service de navigation que des contributions de la communauté Google Maps.

15 ans déjà pour Google Maps

Simon Weckert n'entre pas davantage dans la méthodologie de son "piratage". Il laisse simplement entrevoir les conséquences de son passage dans plusieurs rues berlinoises attenantes au siège de Google sur l'affichage de Google Maps. Au fur et à mesure de sa promenade, les rues s'affichent une à une en rouge, quitte à faire apparaître un panneau d'interdiction pour inviter les automobilistes à ne plus les emprunter.

À la manière du bien connu service Waze, Google Maps peut être utilisé par les automobilistes pour optimiser leurs itinéraires, a priori sur la base d'informations fiables. Simon Weckert voit en son initiative un bon moyen de rappeler les limites potentielles de ce service de cartographie, alors que ce dernier, aujourd'hui incontournable, fête ses quinze ans en ce début février.

En juin dernier, le Wall Street Journal avait révélé la présence sur Google Maps de près de 11 millions de fausses descriptions de services et boutiques, renseignés à dessein par des commerçants pour gagner en visibilité ou nuire à la concurrence. Google avait alors précisé veiller à supprimer les fausses adresses immédiatement après détection, bien souvent à la suite de signalements d'internautes. 3 millions de faux magasins auraient ainsi été balayés de sa carte en 2018. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech