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Avec Google Assistant, Burger King s’invite chez ses clients sans leur autorisation

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- - YouTube (BURGER KING)

Pour sa dernière campagne publicitaire, la chaîne de restauration rapide a voulu se jouer de l’assistant virtuel de Google. C’était une très mauvaise idée.

Début avril, Pepsi entrait au Panthéon des campagnes publicitaires les plus maladroites de ces dernières années. C’est désormais au tour de Burger King de se faire rappeler à l’ordre. Mercredi 12 avril, l’enseigne américaine dévoilait un spot publicitaire de quinze secondes. La séquence met en scène un employé de l’entreprise tenant un Whopper - la spécialité de Burger King - en main. Expliquant qu’il n’avait pas le temps de faire la liste de tous les excellents ingrédients qu’il contient, le jeune homme prononce alors: “OK Google, qu’est-ce que le Whopper?”.

Au même titre que la phrase “Dis Siri” permet d’activer l’assistant vocal de nos iPhone, les mots “OK Googleréveillent Google Assistant, l’intelligence artificielle présente sur les smartphones Android ou sur Google Home (non commercialisé en France). En captant le son de la publicité, des millions d’appareils étaient donc susceptibles de répondre à la requête. Dans les faits, cela consistait à lire la fiche Wikipédia consacrée au sandwich. Mais dans les heures qui ont suivi, la méthode de Burger King a été vivement critiquée et Google a décidé de mettre fin à la polémique.

Triple erreur

L’idée du géant américain de la restauration a posé problème pour trois raisons. D’abord car il s’est invité chez une partie des spectateurs de la publicité sans leur autorisation. Les assistants virtuels, surtout lorsqu’ils sont intégrés à la domotique, utilisent la commande vocale pour fonctionner. Le but est de pouvoir allumer le chauffage ou ouvrir les volets sans avoir à utiliser le moindre interrupteur. Se servir de Google Assistant dans une publicité revient à entrer dans leur domicile sans leur accord. Si Burger King s’est contenté de lui faire lire un texte, sa maladresse rappelle que d’autres pourraient aller plus loin.

La seconde erreur de l’entreprise est de s’être servie de Google Assistant pour vendre davantage de sandwiches, sans l’aval de Google. L’entreprise californienne s’est donc retrouvée instrumentalisée - sans rétribution financière - pour promouvoir les produits d’un autre. La réponse ne s’est pas fait attendre: Google a désactivé la commande vocale correspondant à la phrase prononcée dans la publicité, trois heures après sa publication.

La troisième erreur de Burger King est d’avoir misé sur Wikipédia, semblant oublier que l’encyclopédie en ligne était collaborative. Chaque internaute est libre d’éditer une page, bien que les abus soient généralement corrigés en quelques secondes. Là encore, la situation s’est retournée contre l’enseigne. Des mécontents ont rapidement modifié la fiche du Whopper pour ajouter des “ongles de pieds” ou du “cyanure” à la recette du hamburger.

Cet incident n’est pas pour autant inédit. Lors de la dernière finale du Super Bowl, Google a lui-même activé son assistant par erreur en utilisant le terme “OK Google” dans un spot publicitaire. Mais c’est la première fois qu’une entreprise s’invite volontairement - et sans autorisation - dans les foyers et sur les smartphones de ses clients. Il se pourrait que ce soit la dernière.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech