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Attention, sur Amazon, les "faux livres" fleurissent

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Amazon se défend de ne pas lutter suffisamment contre la contrefaçon. Mais reconnaît que la tâche est ardue, du fait des législations propres à chaque pays.

Près de 70 ans après la mort de leur auteur, les œuvres de George Orwell sont la clé de voûte d’un vaste réseau de contrefaçon sur Amazon. Plusieurs ouvrages sont en effet imprimés sans contrôle dans des pays où ils sont tombés dans le domaine public comme en Inde, puis revendus sur Amazon à des résidents américains où ils sont protégés par le droit d'auteur, raconte le New York Times.

Outre le contournement de la législation, certaines entreprises vont jusqu’à les distribuer comme s’il s’agissait d’une œuvre de leur catalogue, et même sous un autre nom que celui de George Orwell. Des passages sont modifiés, rendant parfois le texte incompréhensible et certains titres sont changés. Pour cela, les prix varient entre 2 euros et une vingtaine d’euros.

Une nouvelle contrefaçon par semaine 

Selon le New York Times, l’édition légitime du livre 1984 à 7,99 dollars (7,20 euros) s'est récemment hissée à la 72ème place du classement des ouvrages les plus vendus sur la plateforme. Une édition indienne à 5 dollars était quant à elle 970ème. Cette hiérarchie prouve que les utilisateurs ne sont pas dupes, mais aussi que les ouvrages de contrefaçon ne se vendent finalement pas si mal. Car pour rappel, des millions de livres sont disponibles sur Amazon.

"Une fois par semaine, une contrefaçon apparaît", déplore Bill Hamilton, l'agent de la succession Orwell, interrogé par le quotidien américain. "Quand une entreprise comme Amazon prendra-t-elle la responsabilité de la conservation des produits qui passent entre ses mains?"

Alerté par le journaliste du New York Times, Amazon a réagi et supprimé de les éditions indiennes des œuvres d’Orwell aux Etats-Unis. L’entreprise a également avoué à demi-mots être impuissante. Il n’y aurait selon elle "pas de source unique de vérité" car chaque pays applique sa propre législation. Elle compterait donc sur les auteurs et les éditeurs pour surveiller ce qui se passe et signaler les contenus indésirables.

Amazon réfute les accusations 

Face aux débats suscités par l'article du New York Times, l'entreprise a réagi publiquement. Dans un billet de blog, elle se défend de laisser proliférer la contrefaçon: "Rien n'est plus faux. Nous investissons beaucoup de temps et de ressources pour protéger nos clients des produits contrefaits, y compris les livres."

Elle affirme appliquer une politique zéro contrefaçon. Et pour s'en assurer, l’entreprise aurait "investi plus de 400 millions de dollars" afin de développer des "outils basés sur l’intelligence artificielle et le machine learning". Amazon détaille:

"En 2018, nous avons empêché plus d'un million de profils suspects d'ouvrir des comptes de vendeur sur Amazon et ce, avant même qu'ils ne publient une seule annonce. Et nous avons bloqué plus de 3 milliards d’annonces suspectes avant leur publication."
https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech