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Arnaud Montebourg, le champion de la high-tech made in France

Arnaud Montebourg au mois de janvier 2017.

Arnaud Montebourg au mois de janvier 2017. - Bertrand Guay - AFP

Pourfendeur des Gafa et volontariste, le candidat croit dur comme fer au concept de souveraineté numérique. Quitte à passer pour un irréaliste peu au fait des réalités technologiques.

"Je veux libérer les Français par le numérique", a déclaré Arnaud Montebourg en dévoilant son programme au mois de novembre dernier. Pour le candidat à la primaire socialiste, le numérique est central. Pas seulement un levier de croissance mais carrément un projet de société.

A Bercy, il a défendu le concept de souveraineté numérique

Cet avocat de formation a été ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique de 2012 à 2014. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est montré interventionniste dans le domaine. Il a ainsi successivement fait échouer le rachat de Dailymotion par un acteur étranger, soutenu la candidature de Bouygues au rachat de SFR, et voulu atomiser l’Arcep pour avoir, selon lui, trop facilité l'entrée de Free sur le marché du mobile et fragilisé l'emploi et l'investissement dans les réseaux. Il s’est aussi illustré par la défense acharnée de la souveraineté numérique, un concept développé par le fondateur de Skyrock Pierre Bellanger dans son livre L’Internet industriel. Favorable à la création d’un OS français ce qui lui a valu quantité de moqueries, il a taclé systématiquement les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), ces géants du web américains qu'il accuse de nous coloniser culturellement et de pratiquer l’évasion fiscale. A Bercy, Montebourg a aussi fait montre d’enthousiasme vis-à-vis de la French Tech, soutenant notamment Bruno Bonnell et la création de Robolution Capital, un fonds d’investissement européen pour la robotique.

Toujours en guerre contre les Gafa

Trois ans après, rien n’a changé. Arnaud Montebourg se veut toujours le chantre de la high-tech made in France. Il entend promouvoir les PME françaises dans le monde, faciliter le financement des start-up, mieux soutenir les auto-entrepreneurs et créer un concurrent européen de Google avec l’aide de l’Allemagne. Très ambitieux, vue la domination quasi-totale de Google et son ancienneté sur le marché.

Son programme étrille les Gafa. "Je veux libérer les Français de la domination numérique que 4 entreprises californiennes exercent sur notre pays et notre continent, l’Europe, et qui ont fait de nous une colonie numérique des Etats-Unis d’Amérique", écrit-il. Alors, il compte bien les obliger à payer leurs impôts en France et relocaliser les data center en Europe.

Arnaud Montebourg souhaite aussi renforcer le numérique à l’école et augmenter le budget de la culture pour mieux diffuser et protéger les œuvres et les artistes. Plus original, il veut créer une agence nationale de rénovation rurale pour accélérer le déploiement de la fibre et fixe comme priorité la réduction de la fracture technologique entre villes et campagne. Enfin, il entend développer la télémédecine dans les déserts médicaux. Là-dessus, tous les candidats à la primaire de La Belle Alliance, semblent d'accord.

Deux plus tard, il change totalement son fusil d’épaule en critiquant, alors qu’il est ministre de l’Economie, la politique de prix cassés de Free qui pénaliserait les capacités des opérateurs à investir dans les infrastructures, selon lui.

Sa bourde sur le web : au mois de mai 2014, Arnaud Montebourg annonce qu’il veut créer un OS français, libre et open source. Il entend ainsi rivaliser avec Google et Apple. Les internautes se gaussent aussitôt de lui sur twitter, jugeant la proposition ridicule.

Sa présence sur les réseaux sociaux : Arnaud Montebourg n’est pas une star sur les réseaux sociaux. Bien suivi sur Twitter, son média de prédilection avec 350.000 followers, il ne crée pas l’événement sur Facebook avec les 71.000 internautes qui le suivent. C’est pire sur Instagram où il ne compte que 1.236 abonnés. Quant à sa page Dailymotion, elle semble laissée à l’abandon vu l’ancienneté des publications et le peu d’enthousiasme qu’elle suscite (58 abonnés).

Son coup d’éclat sur le web : Le jour du lancement de Free Mobile le 10 janvier 2012, Arnaud Montebourg twitte : "Xavier Niel vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d’achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans". La saillie est habile et le pose d’emblée en défenseur du pouvoir d’achat des Français.

Deux plus tard, il change totalement son fusil d’épaule en critiquant, alors qu’il est ministre de l’Economie, la politique de prix cassés de Free qui pénaliserait les capacités des opérateurs à investir dans les infrastructures, selon lui.

Sa bourde sur le web : au mois de mai 2014, Arnaud Montebourg annonce qu’il veut créer un OS français, libre et open source. Il entend ainsi rivaliser avec Google et Apple. Les internautes se gaussent aussitôt de lui sur twitter, jugeant la proposition ridicule.

Amélie Charnay