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Après Google et Facebook, Wikipédia disparaît du Web chinois

Wikipédia est censuré en Chine, dans toutes les langues.

Wikipédia est censuré en Chine, dans toutes les langues. - NICHOLAS KAMM / AFP

L'encyclopédie en ligne Wikipédia est désormais inaccessible en Chine continentale, quelque soit la langue.

Déjà censurée en mandarin depuis 2015, l'encyclopédie en ligne collaborative Wikipédia est désormais bloquée pour tous les internautes du pays. Ce mercredi, les versions en français, en allemand et en anglais de l'encyclopédie en ligne ne pouvaient plus être consultées depuis Pékin. 

Depuis la fin avril, la plateforme est inaccessible dans toutes les langues, pour les internautes de la Chine continentale, complètent les équipes du projet OONI (Open Observatory of Network Interference), qui observent et documentent les blocages de sites Internet dans le monde entier. 

Pour contourner cette censure, les internautes chinois ont pris l'habitude de recourir à des VPN, ou réseaux privés virtuels, qui permettent de simuler une connexion depuis un pays étranger. Mais la Chine oblige depuis 2015 les opérateurs de télécommunications à bloquer l'accès aux VPN personnels, relevait à l'époque la BBC

Une "grande muraille informatique"

Wikipédia vient ainsi rejoindre Google, Facebook, Twitter, Instagram, et YouTube - mais aussi de nombreux médias étrangers - dans la liste des sites et services Web jugés indésirables par la Chine. Ce blocage, à la portée avant tout symbolique, intervient alors que le Parti communiste au pouvoir serre encore un peu plus la vis sur l'Internet chinois, à l'approche du trentième anniversaire de la répression de Tiananmen, qui se tiendra le 4 juin.

Le blocage de Wikipédia dans toutes les langues s'explique en partie par la présence sur la plateforme de photographies censurées, dont celle du manifestant bloquant seul un convoi de chars d’assaut à Pékin en 1989. "Une image vaut mille mots et il ne manque pas d’images liées à Tiananmen sur le site de Wikipédia", relève l’un des cofondateurs du site Greatfire.org, qui suit la censure en ligne en Chine, interrogé sur le sujet. 

Elsa Trujillo avec AFP