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Sexisme dans le jeu vidéo: Twitch s’engage à bannir les joueurs incriminés

Le personnage Mercy, du jeu Overwatch

Le personnage Mercy, du jeu Overwatch - YouTube (Blizzard Entertainment)

La plateforme appartenant à Amazon fait face à une fronde d’une partie de sa communauté, après la multiplication des témoignages évoquant un sexisme récurrent.

Après plusieurs années de témoignages réguliers et un boycott organisé ce 24 juin, Twitch a finalement décidé de prendre des engagements supplémentaires pour lutter contre le sexisme et le harcèlement sexuel. La plateforme, utilisée par des millions de joueurs et spectateurs, permet à quiconque de retransmettre en direct ses parties de jeu vidéo et de les soumettre à des commentaires en temps réel. Depuis le début du mois de juin, de nombreux témoignages sont apparus au sujet d’insultes, de réprimandes, ou d’agressions verbales visant des joueuses. Une pression qui a poussé Twitch a publier un message ce 24 juin.

“Nous souhaitons communiquer sur l’évolution de nos enquêtes liées aux récentes accusations de harcèlement sexuel et mettant en cause des utilisateurs de Twitch, ainsi que sur les mesures mises en place. Nous étudions chaque cas mis en lumière aussi vite que possible et avec mesure, en raison de la gravité des faits. Nous traitons en priorité les cas les plus graves et serons amenés à prononcer des exclusions définitives” explique l’entreprise sur son site.

Les éditeurs très discrets

La plateforme fait par ailleurs la différence entre le harcèlement prenant place directement en son sein, notamment par le biais de ses outils de messagerie, ou au sein des différents jeux, dont les serveurs sont alors gérés par chaque éditeur. Des éditeurs qui restent très discrets: aucun des principaux studios de développement n’a communiqué sur le sujet.

Dans la même déclaration, Twitch s’engage à faire davantage d’efforts pour mieux repérer des propos déplacés et identifier les profils des joueurs adoptant ces comportements. Comme Facebook et Twitter, la filiale d’Amazon doit compter sur des algorithmes de détection de certains mots-clés, faute de modérateurs humains en effectifs suffisants.

Comme le rappelait le New York Times ce 23 juin, près de 70 accusations de harcèlement ont été publiées au cours des derniers jours, notamment par le biais de Twitter ou de YouTube. Elles visent des joueurs stars de la plateforme Twitch, parfois liés par des accords de sponsoring, mais plus généralement l’industrie du jeu vidéo, régulièrement mise en cause depuis l’affaire du GamerGate en 2014, au cours de laquelle une développeuse indépendante avait été menacée de viol et de meurtre.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech