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Sexisme: des joueurs annoncent un boycott de Twitch, la plateforme de jeu d’Amazon

Le logo Twitch

Le logo Twitch - MARTIN BUREAU / AFP

Accusé de ne pas suffisamment protéger les joueurs face au sexisme, le service de streaming Twitch est boycotté ce mercredi 24 juin par une partie de sa communauté.

Alors que Twitter et Facebook font face à de nombreuses critiques portant sur les faiblesses de leur modération face aux propos racistes, Twitch, leader du streaming de jeu vidéo, est régulièrement critiqué pour la profusion de propos sexistes qu’il abrite. Les “streameuses”, joueuses qui retransmettent leurs parties en direct, sont ainsi régulièrement prises à partie par des joueurs tenant des propos déplacés, insultants ou menaçants.

Pour protester contre l’inaction de la filiale d’Amazon, de nombreux joueurs ont décidé de la boycotter ce 24 juin, en utilisant le mot-clé #TwitchBlackout. Cette action collective fait suite à des accusations visant plusieurs stars masculines de la plateforme, soupçonnées d’avoir harcelé des joueuses.

Twitch accusé de protéger “des prédateurs”

“Nous prenons les accusations de harcèlement sexuel et de comportements déplacés très au sérieux. Nous surveillons attentivement les comptes liés à des joueurs affiliés à Twitch et travaillerons avec les autorités si nécessaire. Nous sommes reconnaissants envers ceux qui ont eu le courage de parler de leurs expériences et nous nous engageons à rendre la communauté du streaming plus sûre pour chacun” s’était défendu Twitch ce 22 juin, avant que le PDG de l’entreprise ne décide de communiquer à son tour.

Sur Twitter, Emmett Shear a partagé un mail interne envoyé aux salariés de l’entreprise. Dans le cadre de la lutte contre le sexisme, il évoque des sanctions contre les joueurs incriminés, allant d’un bannissement de la plateforme à l’annulation de certains partenariats. “Je veux faire de Twitch l’endroit le plus sûr pour les créateurs sur Internet”, promettait-il ce 23 juin.

Les promesses de l’entreprise n’ont pas convaincu toutes les “streameuses”. L’une d’entre elles, Samantha Wong, a aussitôt accusé Twitch de mépriser les victimes de cyberharcèlement, après qu’un “prédateur” l’ayant visée a été valorisé sur la chaîne officielle de l’entreprise, malgré des plaintes.

L’appel à ne diffuser aucune partie sur Twitch a été relayé par plusieurs stars du jeu vidéo sur les réseaux sociaux, afin de priver l’entreprise de ses revenus habituels. Ce mercredi 24 juin, le mot clé #TwitchBlackout figurait ainsi parmi les plus discutés sur Twitter. Cette stratégie n’a pas pour autant fait l’unanimité, alors que plusieurs joueurs et joueuses évoquent leur volonté de discuter de ces sujets sur la plateforme plutôt que d’opter pour un boycott total.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech