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Royaume-Uni: des étudiants dénoncent l'algorithme qui leur a attribué leur résultat au baccalauréat

Des étudiants défilent à Londres le 14 août pour dénoncer les notes attribuées par un algorithme pour leur examen.

Des étudiants défilent à Londres le 14 août pour dénoncer les notes attribuées par un algorithme pour leur examen. - Tolga AKMEN

Au Royaume-Uni, un algorithme a été chargé d'attribuer une note aux élèves qui passaient leurs examens de fin d'année. Mais certains dénoncent des discriminations entre les établissements.

À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. En raison de l'épidémie de coronavirus, au Royaume-Uni, des milliers d'étudiants n'ont pu passer leur examen du A-Level, l'équivalent anglais de notre baccalauréat. Le gouvernement et l'autorité régulatrice des examens Ofqal ont donc décidé de faire appel à un algorithme pour attribuer une note à chaque étudiant. Un résultat déterminant pour les admissions dans l'enseignement supérieur, comme c'est le cas en France.

Mais depuis leur publication le jeudi 13 août, la colère gronde et de nombreux jeunes et enseignants ont défilé dans les rues pour dénoncer un système qu'ils jugent imparfait.

Pour attribuer une note, l'algorithme s'est basé sur deux paramètres. Les résultats obtenus par l'étudiant pendant l'année et un second, très critiqué, relatif aux résultats obtenus au diplôme du A-Level par les étudiants du même établissement les années précédentes.

Ce qui fait craindre une possible discrimination entre les étudiants de différents établissements. Les élèves des écoles privées payantes auraient ainsi été favorisés grâce aux bons résultats des années précédentes et leurs notes auraient été moins susceptibles d'être abaissées.

Au Royaume-Uni, le système de notation oscille de A à E. Selon la BBC, 36% des candidats ont obtenu cette année une note inférieure à celle prévue par les enseignants et 3% ont même chuté de deux niveaux. Résutat, des étudiants se sont vus privés de l'accès à certaines universités, dont les plus prestigieuses du pays.

"Il y a la possibilité de faire appel"

Le Premier ministre Boris Johnson a assuré que des solutions existaient pour les élèves qui s'estimaient lésés mais a tout de même rappelé qu'un plus grand nombre d'élèves avaient obtenu une affectation à l'université comparé aux années précédentes (+2,9% selon l'Ucas, le service des admissions).

"Là où les élèves sont déçus, là où ils sentent qu'ils auraient pu faire mieux, là où ils sentent qu'une injustice leur a été faite, il y a la possibilité de faire appel et ils pourront aller aux sessions de rattrapages cet automne", a précise le Premier ministre.

Pour tenter de circonscrire la polémique, le ministre de l'Education Gavin Williamson a assuré que l'appel pour contester les résultats serait gratuit, alors qu'il est habituellement facturé jusqu'à 150 livres (165 euros) pour les écoles.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech