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Microsoft achète de l'ADN pour stocker des milliards de Teraoctets

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- - CC BY-SA 3.0/Wikipédia/01net.com

Un jour, disques durs, clés USB et autres data centers ne suffiront plus pour stocker nos données ! C'est ce qui a conduit Microsoft à s'intéresser au stockage sur ADN et à financer quelques recherches en la matière.

Selon les dernières estimations, le nombre de données informatiques créées double tous les deux ans. Le problème des solutions d'archivage est un enjeu crucial. Il est certes possible de construire toujours plus de data centers, remplis de disques durs à très haute capacité pour répondre à la demande, ou de créer des stockages "froids", comme des disques optiques haute capacité, mais à long terme, ce n'est pas une situation pérenne. C'est en tout ce que pense Microsoft qui vient d'acquérir plus de 10 millions de chaînes d'ADN synthétiques afin de développer un moyen de stocker de grosses quantité de données.

ADN synthétique : le stockage de demain

Comparativement à un disque dur, l'ADN synthétique présente deux gros avantages. Le premier, c'est sa longévité. Elle résiste presque aussi bien que son homologue naturel. Ainsi, si l'ADN naturel peut survivre plusieurs dizaines de milliers d'années son pendant synthétique resterait vivace entre 500 et 2000 ans sans connaître de détériorations. Comparativement, la vie d'un disque dur est d'une bonne dizaine d'année maximum, celle d'un DVD/Blu-ray estimée entre 5 et 7 ans.

Second avantage, sur un seul gramme d'ADN, il serait possible de stocker 1 Zettaoctet de données ! Soit l'équivalent d'un milliard de disques durs de 1 To, semblables à ceux que l'on trouve dans nos PC à l'heure actuelle. Alors imaginons le quantité astronomique de données qu'il serait possible d'implanter dans une séquence complète de plusieurs dizaines de grammes.

Nos disques durs et autres clés ont encore de beaux jours devant eux

Il y a toutefois un "mais". Et de taille. S'il suffit de brancher un disque dur en USB ou à l'intérieur de son PC pour archiver ou accéder aux photos, vidéos, documents stockés dessus, dans le cas de l'ADN, c'est un peu plus complexe. Pour la lecture de données stockés dans l'ADN, il faut un séquenceur génétique. Et les magasins d'informatique n'en ont pas (encore) dans leurs stocks car ce matériel n'est pas vraiment abordables pour le commun des mortels! Et ce même si les coûts de séquençage ont significativement chuté ces dernières années. Ainsi, pour séquencer un génome humain, il vous en coûtait la bagatelle de 3 milliards de dollars entre 1990 et 2003. Aujourd'hui, la même opération peut être effectuée pour un peu plus de 1000 dollars.

L'écriture d'informations sur les molécules est, elle, encore plus complexe. De fait, l'expertise nécessaire est encore aux mains de société spécialisée, comme Twist Bioscience. C'est à cette dernière que Microsoft a acheté les séquences artificielles d'ADN. Twist Bioscience produit généralement de l'ADN de synthèse pour l'industrie biochimique, et le stockage d'informations sur ce type de support représente une nouveauté dans son portfolio d'activités.  Il n'en demeure pas moins que les premiers essais faits sur les séquences achetées par Microsoft sont encourageants. Il a été ainsi possible d'implanter et de récupérer de grandes quantités d'informations dans quelques chaînes test. Ne reste désormais plus qu'à voir le prix des brins d'ADN baisser et les processus d'écriture et lecture des données simplifiés. Tremblez clés et disques durs ! Vos jours ou plutôt vos plusieurs dizaines d'années sont comptées.